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31/01/2016 08:30 EST | Actualisé 31/01/2017 00:12 EST

Yémen: la coalition arabe annonce une commission d'enquête "indépendante" sur les bavures militaires

La coalition arabe au Yémen, menée par l'Arabie saoudite, a annoncé dimanche la formation d'une commission "indépendante" chargée d'enquêter sur les possibles exactions contre les civils qui ont été dénoncées par des experts de l'ONU.

Dans un bref communiqué publié par l'agence officielle saoudienne SPA, le commandement de la coalition a indiqué avoir "formé une équipe d'experts indépendants en armement et en droit international humanitaire pour évaluer les incidents, enquêter sur les règles d'engagement et les améliorer".

L'objectif, a souligné la coalition, est d'"élaborer un rapport clair et complet sur chaque incident comportant les conclusions, les leçons à en tirer, les recommandations et les mesures à prendre" pour épargner les civils.

Des experts de l'ONU ont recommandé mercredi au Conseil de sécurité de mettre en place une "commission d'enquête internationale" sur les exactions commises par les belligérants au Yémen, dénonçant notamment des raids aériens de la coalition contre des cibles civiles.

La coalition n'a pas fait mention de la recommandation des experts de l'ONU et n'a pas précisé les noms et les nationalités de ses propres experts.

La commission d'enquête proposée par l'ONU devra "enquêter sur des violations présumées des droits de l'Homme et du droit humanitaire commises par toutes les parties au Yémen" et en identifier les auteurs "afin qu'ils rendent des comptes", ont demandé les experts onusiens.

La coalition militaire arabe dirigée par l'Arabie saoudite et qui soutient le gouvernement yéménite contre les rebelles chiites Houthis a "mené des raids aériens ciblant des civils (...) en violation du droit humanitaire international", ont-t-il souligné dans un rapport.

Ce document détaille toute une série de cibles touchées dont des écoles, des mosquées, des camps de personnes déplacées, des établissements médicaux ou des aéroports.

Les experts ont recensé 119 raids de la coalition "impliquant des violations des droits de l'Homme".

Dans trois cas, des civils fuyant les bombardements de zones résidentielles "ont été pourchassés par des hélicoptères qui leur ont tiré dessus".

Le groupe d'experts n'a pas pu se rendre sur place et a dû s'appuyer sur des témoignages et une étude comparative d'images satellitaires avant et après les bombardements, en particulier à Sanaa, la capitale du pays, et Taëz, grande ville du sud-ouest du Yémen.

Le rapport présente un total de quinze recommandations pour notamment améliorer la situation humanitaire et veiller au respect de l'embargo sur les armes. Il note à ce propos que "des réseaux bien établis de contrebande d'armes datant d'avant le conflit ont continué à opérer en 2015".

Selon l'ONU, la guerre au Yémen a fait quelque 6.000 morts depuis mars, dont environ la moitié de civils.

Dix mois après le début de sa campagne aérienne, la coalition continue de viser quasi-quotidiennement des cibles présentées comme des positions militaires rebelles.

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