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30/01/2016 23:13 EST | Actualisé 30/01/2017 00:12 EST

Yémen: Human Rights Watch accuse les rebelles de confisquer l'aide humanitaire

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé dimanche les rebelles chiites au Yémen de confisquer des vivres et des médicaments, et de bloquer l'aide à la population civile de Taëz, commettant ainsi de "sérieuses violations de la loi humanitaire internationale".

Les 600.000 habitants de Taëz (sud-ouest), troisième ville du Yémen, sont soumis depuis des mois à un siège éprouvant des rebelles Houthis, accusés de liens avec l'Iran et qui tentent en vain jusqu'ici de déloger les forces progouvernementales du centre-ville.

Dans un communiqué, HRW a signalé 16 incidents entre le 13 décembre et le 9 janvier au cours desquels des gardes Houthis postés à des barrages ont empêché des civils de faire entrer dans la ville des fruits, des légumes, du gaz domestique, des doses de vaccin, des traitements de dialyse et des bouteilles d'oxygène, "confisquant certains d'entre eux".

"Saisir des biens à des civils est déjà illégal, mais leur prendre de la nourriture et des fournitures médicales est tout simplement cruel", a estimé Joe Stork, directeur adjoint pour la Moyen-Orient à HRW, organisation de défense des droits de l'Homme dont le siège est à New York.

Taëz est située entre la capitale yéménite Sanaa, contrôlée depuis fin 2014 par les Houthis, et la ville portuaire d'Aden qui a été reconquise par les forces antirebelles en juillet dernier.

L'aide entre au compte-goutte à Taëz, devenue le symbole de l'enlisement d'un conflit entre combattants progouvernementaux, soutenus notamment par l'Arabie saoudite, et les Houthis, alliés à des unités militaires restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Le 17 janvier, l'organisation Médecins sans frontières (MSF) avait annoncé avoir réussi à faire entrer deux camions chargés d'aide médicale dans un quartier de Taëz. MSF avait précisé qu'il s'agissait de la première opération du genre en cinq mois.

Depuis l'implication directe en mars 2015 d'une coalition arabe sous commandement saoudien qui combat les rebelles, le conflit a fait quelque 6.000 morts au Yémen, dont environ la moitié de civils.

ras/hj