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31/01/2016 10:01 EST | Actualisé 31/01/2017 00:12 EST

Rencontre en Syrie entre combattants kurdes et hauts responsables occidentaux

Une délégation incluant l'envoyé spécial américain pour la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) a rencontré en Syrie des membres d'une alliance kurdo-arabe combattant les jihadistes, ont indiqué dimanche à l'AFP des sources proches du dossier.

Cette visite serait la première d'un haut responsable américain en Syrie depuis le début de la guerre dans ce pays en 2011.

Brett McGurk, l'envoyé spécial du président américain Barack Obama pour la coalition internationale combattant l'EI en Syrie et en Irak, était accompagné de hauts responsables français et britanniques, ont indiqué ces sources à l'AFP.

Les discussions avec de hauts responsables des Forces démocratiques syriennes (FDS), regroupant des combattants arabes et kurdes syriens, ont eu lieu samedi dans la ville de Kobané, contrôlée par les Kurdes et située au nord de la Syrie près de la frontière turque.

Elles ont porté sur "les plans militaires" pour lutter contre l'EI, a indiqué à l'AFP une source kurde proche de la délégation participant à cette rencontre.

Cette rencontre a été confirmée à l'AFP par une deuxième source kurde sur le terrain.

Contacté par l'AFP, le département d'Etat américain n'a pas pu dans l'immédiat confirmer ou infirmer la tenue de cette rencontre.

Les FDS sont composées principalement des Unités de protection du peuple kurde (YPG), une puissante milice de Kurdes syriens qui s'est révélée être une des plus efficaces contre l'EI. Elles comptent également des unités composées d'Arabes syriens, musulmans et chrétiens.

Cette rencontre intervient alors que les Kurdes syriens ont été exclus des négociations de paix indirectes qui démarrent lundi à Genève entre le régime du président syrien Bachar al-Assad et l'opposition sous l'égide de l'ONU.

La Turquie s'oppose farouchement à leur présence à la table des négociations, les accusant de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une guérilla en Turquie.

Malgré cela, les FDS bénéficient du soutien appuyé sur le terrain de la coalition internationale anti-EI menée par les Etats-Unis.

Pour l'analyste Mutlu Civiroglu, basé aux Etats-Unis et spécialiste des affaires kurdes, la visite de l'envoyé spécial de Barack Obama vise à "calmer la colère des Kurdes" après leur exclusion des pourparlers de Genève.

Elle a pour objectif de "leur donner l'assurance qu'ils ne sont pas ignorés et qu'ils auront une part dans le processus", a-t-il ajouté.

Des sources kurdes avaient indiqué plus tôt à l'AFP que le secrétaire d'Etat adjoint américain Tony Blinken avait eu un entretien téléphonique avec le chef du Parti de l'Union démocratique kurde de Syrie (PYD, branche politique de l'opposition kurde) Saleh Muslim au sujet des pourparlers de paix.

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