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31/01/2016 07:06 EST | Actualisé 31/01/2017 00:12 EST

Pourparlers inter-syriens: Kerry exhorte les deux camps à négocier

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a lancé dimanche un appel solennel au régime et à l'opposition en Syrie pour qu'ils "saisissent le moment" des pourparlers indirects qui doivent s'amorcer à Genève, pour tenter de mettre fin à cinq ans de guerre.

Dans un rare message vidéo diffusé dimanche matin, le chef de la diplomatie américaine a également exhorté le régime du président Bachar al-Assad à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire vers les villes assiégées comme Madaya, où des habitants sont frappés de famine.

"Ce matin, compte tenu de ce qui est en jeu, j'appelle les deux parties à faire au mieux pour saisir ce moment" des négociations inter-syriennes sous l'égide de l'ONU, a déclaré M. Kerry, l'air grave.

"Le monde espère que les deux camps vont rapidement répondre aux besoins de millions de Syriens désespérés", a ajouté le chef de la diplomatie américaine, l'un des premiers artisans du processus diplomatique international sur la Syrie.

L'opposition syrienne, regroupée sous le Haut comité des négociations (HCN), et le régime de Damas se sont mutuellement accusés de mauvaise foi dimanche à Genève, où l'ONU s'est pourtant dite "optimiste" sur les chances de les faire entrer dans des négociations indirectes pour tenter de mettre un terme à près de cinq ans d'une guerre marquée encore dimanche par un attentat qui a fait 45 morts.

M. Kerry a rappelé aux parties en présence qu'il existait depuis 2012 un cadre diplomatique international pour négocier, via le communiqué de Genève de juin 2012 suivi du processus dit de Vienne de la fin 2015 validé par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Ces texte dessinent les contours d'une transition politique en Syrie avec un appel au cessez-le-feu, des élections et une nouvelle Constitution mais laissent en suspens le sort du président Assad, pomme de discorde entre puissances mondiales et régionales.

Le secrétaire d'Etat américain a, enfin, de nouveau exhorté Damas à laisser entrer de l'aide humanitaire dans des villes dont son armée fait le siège et où des habitants meurent de faim.

"La ville de Madaya n'est qu'à une heure en voiture de Damas et ses habitants en sont réduits à manger de l'herbe et des feuilles", s'est insurgé M. Kerry dans son message diffusé depuis le département d'Etat.

"Et comment le régime et les milices qu'il soutient y ont répondu ? En posant des mines et en déroulant des barbelés pour empêcher l'accès aux travailleurs" humanitaires, a encore protesté John Kerry.

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