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30/01/2016 22:32 EST | Actualisé 30/01/2017 00:12 EST

Philippines: la paix avec la rébellion musulmane ne sera pas ratifiée sous Aquino

L'accord de paix conclu entre le gouvernement et le plus important mouvement de la rébellion musulmane aux Philippines risque de ne pas être ratifié par le Congrès philippin avant la fin du mandat de son promoteur, le président Benigno Aquino.

Ce dernier a ordonné de multiplier les réunions et consultations pour que le processus de paix se poursuive au-delà de son mandat, qui se termine en juin, a déclaré dimanche à la presse son porte-parole Herminio Coloma.

"Nous devons tout faire pour permettre la mise en oeuvre totale de l'accord sous le prochain gouvernement", a déclaré la chef des négociateurs du gouvernement, Teresita Deles.

M. Aquino et le chef du Front moro islamique de libération (MILF), Mourad Ebrahim, avaient signé en mars 2014 à Manille un accord de paix historique qui doit mettre fin à 40 ans de guérilla, une des plus longues et meurtrières d'Asie.

Le chef de l'Etat espérait que les membres du Congrès valident cet accord avant la fin de son mandat en juin de peur que son successeur ne le repousse aux calendes grecques. Mais en dépit de ses pressions, des parlementaires de l'opposition sont parvenus à retarder le vote.

Et beaucoup d'élus considèrent que le délai est désormais trop court pour valider le texte avant la fin du mandat présidentiel, d'autant que le Parlement va ajourner ses travaux en février pour la campagne en vue des élections de juin.

L'accord prévoit notamment le désarmement en échange de la création d'une région autonome dans le sud de l'archipel, sur l'île de Mindanao, un territoire largement musulman dans un pays catholique à 80%.

Lors d'une cérémonie en présence de M. Aquino, le MILF avait en juin rendu à la vie civile près de 150 de ses combattants et déposé des dizaines d'armes à feu pour encourager le Parlement à adopter ce projet de loi.

Les cinq millions de musulmans philippins (sur une population proche de 100 millions) considèrent le Sud comme leur terre ancestrale, depuis l'arrivée de marchands venus d'Arabie au 13e siècle.

Le MILF a mené la lutte pour l'indépendance qui a fait plus de 100.000 morts, avant d'accepter au final la création d'une région autonome.

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