NOUVELLES
31/01/2016 00:28 EST | Actualisé 31/01/2017 00:12 EST

Immigration : une famille victime d'une série d'erreurs

Des erreurs administratives commises par Citoyenneté et Immigration Canada ont empoisonné la vie d'une famille de Laval pendant plusieurs mois. Heureusement, la machine gouvernementale a fini par admettre ses torts. Retour sur une histoire qui avait bien mal commencé.

Un texte de Marie-Claude Pednault à La facture

Quand Natalia Rivkin arrive au Canada avec son mari et ses enfants en 2009, elle n'a qu'une idée en tête : faire venir sa mère au Québec afin de réunir toute la famille.

En 2011, Mme Rivkin peut enfin réaliser son projet. Elle remplit du mieux qu'elle peut la documentation exigée par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC).

Elle envoie deux formulaires. D'abord une demande de résidence permanente pour sa mère pour des motifs humanitaires. Mais en plus, pour mettre le maximum de chances de leur côté, Natalia Rivkin fait aussi une demande de parrainage par laquelle elle s'engage à subvenir aux besoins de sa mère.

Pour Mme Rivkin, il s'agit de deux demandes distinctes. Mais pour CIC, il s'agit d'un seul et même dossier.

Quelques mois plus tard, sa mère reçoit une lettre l'avisant que sa demande pour des motifs humanitaires est refusée. Dans cette lettre, pas un mot sur la demande de parrainage. Absolument rien ne permet à cette famille de comprendre que le dossier a été fermé par CIC.

Natalia Rivkin sait qu'une demande de parrainage peut prendre quatre ans. Mais par prudence, elle téléphone quand même au ministère pour se faire rassurer.

C'est à partir de ce moment que la série d'erreurs de CIC commence.

Et les erreurs se poursuivent. Tant par téléphone que par écrit, CIC persiste à dire que la demande de parrainage est en cours de traitement. Pendant plus de trois ans, la famille est convaincue que ce n'est qu'une question de temps.

Tout reprendre à zéro

Mais en septembre 2015, CIC assène un véritable coup de massue à Mme Rivkin. On lui annonce que sa demande de parrainage était liée à la demande pour motifs humanitaires. Puisque la première demande a été refusée, la deuxième n'est pas valide non plus. Le ministère s'excuse du bout des lèvres.

Elle doit tout reprendre à zéro. On lui annonce aussi que sa mère sera sans statut légal au Canada le 27 janvier 2016. Cela signifie qu'elle pourrait devoir quitter le Canada. Sa mère a maintenant 77 ans et souffre de problèmes cardiaques.

Stéphane Handfield, avocat en droit de l'immigration, trouve lui aussi que la situation est inacceptable.

Changement de culture

La facture a joint le ministère pour savoir quelle procédure est mise en œuvre en cas d'erreur comme celle-là. Le ministère a refusé toute entrevue et nous fait parvenir un copier-coller des réponses laconiques fournies à la famille.

Justin Trudeau avait promis en campagne électorale de faire de la réunification des familles une de ses priorités. La facture a donc communiqué avec son cabinet. Nous avons aussi contourné le ministère pour aller directement à la rencontre du ministre John McCallum.

Les choses ont bougé.

Visiblement, il y a un écart entre la culture de Citoyenneté et Immigration Canada et celle du nouveau gouvernement.

CIC reconnaît ses erreurs et assure maintenant que dans de tels cas, le dossier est révisé en profondeur et que toutes les mesures sont prises pour guider la personne concernée.

Au même moment, Natalia Rivkin reçoit un courriel de CIC qui lui apprend que sa mère recevra un permis de séjour d'une durée de trois ans. La famille a fait une nouvelle demande de parrainage et le ministère s'est engagé à ce que celle-ci progresse sans problème.