NOUVELLES
29/01/2016 11:12 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Un luxueux hôtel abandonné et jamais utilisé est rasé en Nouvelle-Écosse

HALIFAX — Ce devait être un lieu de grand luxe au milieu des charmants villages de pêche qui décorent la côte sud de la Nouvelle-Écosse.

L'Aspotogan Sea Spa siège plutôt abandonné depuis 20 ans sur une falaise à l'ouest de Halifax, sa façade décrépite lui ayant valu la réputation d'être l'un des endroits les plus terrifiants du Canada jusqu'à ce que le dernier de ses murs ne tombe le mois dernier.

Allen Webber, politicien municipal local de longue date, se souvient d'avoir écouté avec excitation et scepticisme la toute première présentation du projet d'hôtel et spa faite par un médecin allemand, au début des années 1990, alors qu'il était conseiller de Chester.

«À l'époque, nous avons pensé: "Vous savez, ça semble être une idée un peu folle, mais c'est votre argent"», se remémore M. Webber.

«C'était beaucoup d'argent, des millions de dollars. Ça aurait été l'un des plus importants projets réalisés dans cette municipalité.»

La construction du centre de villégiature de 175 500 pieds carrés et de 131 chambres s'est amorcée peu après cette première réunion du conseil dans un secteur éloigné de la péninsule d'Aspotogan, non loin du village de Chester, où se trouvent les luxueuses maisons de vacances de plusieurs Torontois et Américains.

Le site du spa — qui est toujours en ligne — peint une image attirante, quoique datée, d'une vie de grand luxe, avec des promesses de pique-niques sur la plage, de randonnées pédestres, de traitements à l'eau de mer, de baignade en eau chaude et d'un «service exquis de repas et de boissons».

«L'Aspotogan se joindra à une liste très courte d'installations nord-américaines offrant les services de centres de villégiature de classe mondiale», dit le narrateur d'une vidéo promotionnelle montrant des images de pêcheurs avec leurs poissons et d'un couple sur un voilier.

Le complexe de cinq étages promettait une vue sublime sur l'océan Atlantique dans chacune des chambres.

Bien que l'endroit soit magnifique, Allen Webber raconte que l'idée d'un établissement accessible toute l'année par une route privée dans la péninsule brumeuse semblait insensée pour les résidants de l'endroit.

«Nous n'avions pas l'impression que (l'hôtel) avait sa place dans ce lieu et dans le contexte de la Nouvelle-Écosse, mais qui étions-nous pour juger?», se souvient-il.

«Les gens en Europe pensent différemment de nous, j'imagine. Si vous étiez d'ici, vous vous diriez: "Mais pourquoi quelqu'un voudrait-il aller là?"»

Lorsque le toit du complexe a été terminé, les investisseurs ont organisé une soirée proposant de la haute gastronomie et de la musique, sans compter les dépenses, selon M. Webber.

«Et ce fut tout, raconte-t-il en riant. Dans les mois qui ont suivi, il a été vacant, ils n'ont pu trouver de financement.»

L'intérieur n'a jamais été terminé, les touristes ne sont jamais venus et les emplois n'ont jamais été créés.

Le centre a depuis été acheté par les firmes Southwest Properties et Armco Capital, de Halifax. Le prix demandé pour cet hôtel en détérioration, jamais utilisé et partiellement fini? Apparemment, 500 000 $.

«L'intention n'était pas de détruire le spa lorsque nous en avons fait l'acquisition, confie le vice-président en développement du territoire de Southwest, Ben Young. Nous avions des gens intéressés, mais nous n'avons pu en venir à une entente.»

M. Young précise que le nettoyage des lieux se poursuivra au printemps et que l'endroit sera transformé en secteur résidentiel.

«Si vous cherchez un peu de tranquillité, une grande propriété et une vue sur l'océan, c'est magnifique.»