POLITIQUE
29/01/2016 05:45 EST | Actualisé 29/01/2016 05:46 EST

Quel est le bilan de Pierre Karl Péladeau comme président de Québecor?

CP

Sous Pierre Karl Péladeau, de 1999 à 2014, les actionnaires de Québecor en ont eu moins pour leur argent que les actionnaires des compétiteurs de l'entreprise dans le secteur des communications.

Un texte de Madeleine Roy de l'émission Enquête

Nous avons comparé le rendement d'un montant de 1000 $ qui aurait été investi dans Québecor par rapport à la même somme investie dans des concurrents de cette entreprise. Résultat : Québecor est la compagnie qui a le moins bien performé.

Les succès et difficultés de l'entreprise

En 2000, Québecor a payé très cher l'achat de Vidéotron, juste avant l'éclatement de la bulle internet. En un an, l'action de Québecor a chuté de moitié, alors que la dette de l'entreprise atteignait un sommet.

En 2008, après avoir fait de Québecor World le plus grand imprimeur du monde, Pierre Karl Péladeau a dû se résoudre à larguer cette filiale qui représentait la majeure partie du chiffre d'affaires de Québecor. Les actionnaires de l'entreprise, y compris Pierre Karl Péladeau, ont perdu près de 2 milliards de dollars dans l'aventure.

« La phase d'accumulation des actifs a été trop longue. On a voulu rester au sommet trop longtemps et sans réaliser que la presse écrite - et ça, il n'y a pas beaucoup de gens qui l'ont vu - ses beaux jours taient terminés. »

— Michel Nadeau, ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Heureusement, la transformation et le développement de Vidéotron ont été un succès. Sous la direction de Pierre Karl Péladeau, l'entreprise a pris de l'ampleur et s'est diversifiée. Elle représente aujourd'hui 97 % du bénéfice d'exploitation de Québecor.

PKP par ses anciens collaborateurs en Europe

Pierre Karl Péladeau a été à la barre du navire Québecor de 1999 à 2013. Quel genre de gestionnaire a-t-il été? Visionnaire ou chanceux? Les gens que nous avons interviewés nous ont décrit un homme d'affaires courageux, énergique, déterminé, mais aussi entêté, abrasif, colérique et impatient.

« C'est qu'en fait, on ne peut pas travailler avec Pierre-Karl. Ce n'est pas possible, parce qu'il veut qu'on obéisse strictement à tout ce qu'il dit », soutient Vincent Bastien, ex-PDG de Québecor World Europe.

À contrario, Yves Lesniak, ex-président de Québecor World France, le qualife de déterminé et de courage. « Il est doté d'un courage exceptionnel, que j'ai rarement rencontré chez les hommes. »

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