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29/01/2016 12:20 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Soupçons de corruption sur un fonds public malaisien: la Suisse demande l'entraide judiciaire de la Malaisie (procureur)

Le procureur général suisse a demandé l'entraide judiciaire des autorités malaisiennes dans le cadre du scandale financier de la société publique 1Malaysia Development Berhad (1MDB), dans lequel est impliqué le Premier ministre malaisien Najib Razak, a-t-il annoncé vendredi.

Cette démarche s'inscrit "dans le cadre de la procédure pénale ouverte le 14 août 2015 contre deux anciens organes du fonds souverain malaisien 1MDB", menée notamment "pour soupçons de corruption de fonctionnaires étrangers, gestion déloyale des intérêts publics, blanchiment d'argent", précise le procureur général dans un communiqué.

La procédure pénale ouverte en Suisse a mené à la "découverte d'indices concrets de détournements commis au détriment de société détenues par l'Etat malaisien", indique le procureur suisse. Ces détournements auraient porté sur des fonds que la Malaisie destinait à son développement économique et social. "Il s'agit de détournements systématiques, commis grâce à des techniques financières sophistiquées", poursuit le procureur suisse.

Le montant des détournements sur lesquels porte l'enquête est d'environ 4 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros), selon Berne, qui indique poursuivre l'enquête sur la destination finale des fonds.

A ce jour, l'enquête a permis d'établir qu'"une petite partie des fonds" a été déposée sur des comptes ouverts en Suisse par d'anciens agents publics malaisiens, ainsi que sur des comptes ouverts au nom d'anciens et d'actuels agents publics des Emirats arabes unis.

En septembre dernier, les autorités judiciaires suisses avaient annoncé avoir gelé "des dizaines de millions de dollars" d'avoirs dans les banques suisses dans le cadre de cette enquête.

D'après le procureur suisse, les sociétés malaisiennes concernées n'ont pas encore pris position sur le dommage qu'elles auraient éventuellement subi. Le but de la demande d'entraide déposée par la Suisse est de permettre aux sociétés concernées et à l'Etat malaisien de pouvoir se prononcer sur un éventuel dommage.

En Malaisie, cette affaire a provoqué une vive contestation contre le premier ministre Najib Razak.

Les appels à sa démission, émanant de l'opposition mais aussi de son propre camp, se sont multipliés fin 2015 depuis une révélation en juillet troublante pour le chef du gouvernement: le versement de près de 700 millions de dollars (635 millions d'euros) sur ses comptes personnels, dans le cadre du scandale financier de 1MDB créée à son arrivée au pouvoir en 2009 pour moderniser le pays. Cette société est aujourd'hui endettée à hauteur de 10 milliards d'euros.

Najib nie avoir commis tout acte répréhensible.

apo/cel