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29/01/2016 00:29 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Russie: une baisse de production de pétrole doit venir des entreprises (responsable gouvernemental)

Le vice-Premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch a estimé vendredi qu'il revenait aux compagnies pétrolières et non à l'Etat de décider d'une éventuelle baisse de la production d'or noir de la Russie, dont Moscou s'est dite prête à discuter avec le cartel des pays exportateurs.

"Si les cours restent à un niveau non rentables pendant une longue période, une correction des investissements deviendra inévitable et cela conduira à une baisse de la production, mais cela ne sera pas une mesure voulue par le gouvernement", a jugé M. Dvorkovitch, cité par les agences russes lors d'une conférence de presse.

"Nous partons du fait que le secteur pétrolier est en grande partie privé (...) et n'est pas contrôlé par l'Etat, et cela va continuer", a-t-il également estimé.

"Les sociétés vont étudier la situation en fonction de leurs intérêts", a-t-il ajouté.

Jeudi, le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a indiqué que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) voulait convoquer une réunion en février non limitée à ses membres et que Moscou était prête à y participer. Il a précisé que l'Arabie saoudite avait évoqué dans le passé la possibilité d'une baisse générale de production de 5%.

Ces déclarations ont entraîné un bond des cours du brut au plus haut en trois semaines.

"Nous sommes en contact permanent avec nos partenaires d'autres pays producteurs et consommateurs", a assuré M. Dvorkovitch.

Une réunion s'était tenue mercredi au ministère de l'Energie avec certaines sociétés du secteur des hydrocarbures pour évoquer une possible coordination avec l'Opep. Mais la presse russe a relevé l'absence d'Igor Setchine, puissant patron du premier groupe pétrolier du pays Rosneft (contrôlé par l'Etat).

Les analystes se sont montrés très sceptiques quant la possibilité d'une baisse de production concertée entre la Russie et l'Opep, qui inondent le marché ces derniers mois pour conserver des parts de marché.

La Russie a participé à cette course, et sa production a atteint en 2015 un record pour la période post-soviétique, à 10,7 millions de barils par jour en moyenne.

L'effondrement des cours, au plus bas depuis douze ans la semaine dernière, coûte très cher à la Russie qui tire la moitié de ses revenus budgétaires des hydrocarbures et se prépare à une deuxième année de récession.

gmo/all/ros

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