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29/01/2016 02:29 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Russie: la banque centrale menace de relever son taux

La banque centrale de Russie a menacé vendredi de relever son taux directeur, maintenu pour l'instant au niveau très contraignant de 11%, les risques inflationnistes s'étant renforcés en raison de l'effondrement des cours du pétrole.

Non seulement la Banque de Russie ne prévoit plus d'abaisser son taux comme elle l'assurait lors de sa réunion de décembre, mais elle "n'exclut pas de durcir sa politique monétaire en cas de renforcement des risques inflationnistes".

La chute des cours du pétrole en début d'année ont entraîné le rouble au plus bas niveau de son histoire face au dollar. Même si le marché pétrolier, et dans son sillage le rouble, ont regagné des couleurs depuis une semaine, la banque centrale reconnaît que les perspectives économiques se sont nettement assombries.

"L'affaiblissement du rouble sous l'influence de la baisse des prix du pétrole exerce une pression inflationniste et contribue à un renforcement des attentes d'inflation" même si le taux annuel d'inflation lui-même a décru de 12,9% fin décembre à 10% fin janvier, relève l'institution.

Une hausse de taux à tendance à soutenir le cours d'une monnaie tandis qu'un abaissement pèse sur sa valeur.

Dans le même temps, "les risques de voir la contraction de l'économie se poursuivre à cause de la baisse des cours du pétrole se sont renforcés", poursuit-elle.

La baisse du produit intérieur brut cette année "sera plus marquée que ce qui était prévu dans le scénario de base", soit entre -0,5% et -1%, juge la banque centrale. "La croissance du PIB redeviendra positive en 2017 mais à un faible niveau".

La Russie, visée également par des sanctions économiques des Occidentaux à cause de la crise ukrainienne, a déjà subi un recul de 3,7% de son PIB en 2015.

Confrontée au pire effondrement du rouble en quinze ans, la Banque de Russie avait brusquement porté son taux directeur à 17% fin 2014. Elle l'a ensuite progressivement ramené à 11% mais elle le maintient à ce niveau depuis août car la chute des cours du pétrole pèse sur la monnaie.

Un tel coût de l'endettement est très difficile à supporter pour les entreprises comme les ménages et le gouvernement n'a pas caché ses derniers mois espérer une baisse de taux.

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