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29/01/2016 12:44 EST

Au tour des résidences pour handicapés de crier à l'aide (VIDÉO)

Après la crise des centres de désintoxication, c'est au tour des centres d'accueil pour les personnes lourdement handicapées de crier à l'aide. Les compressions budgétaires du gouvernement libéral de Philippe Couillard menacent maintenant l'existence de plusieurs de ces centres.

Le Parti québécois (PQ) a joint la voix de son député de Rosemont, Jean-François Lisée, à celle de l'association des propriétaires de résidences pour dénoncer les compressions budgétaires imposées par Québec. M. Lisée réclame le maintien de la rémunération en attendant que le Commissaire à la santé et au bien-être se penche sur la question et détermine la juste rétribution que Québec devrait verser aux ressources intermédiaires en santé.

Le gouvernement a coupé de 25 % à 50 % des montants versés aux personnes qui tiennent ces résidences et qui dispensent les soins à leurs résidents. Quelque 500 de ces résidences seraient ainsi menacées de fermeture, selon le PQ, dont de 15 à 20 % à court ou moyen terme.

« C'est comme si le gouvernement avait décidé de gratter jusqu'à la dernière cenne [...] dans nos poches. »

— Jean-François Lisée

Les centres d'accueil pour adultes hébergent des personnes lourdement handicapées, des gens aux prises avec de graves problèmes de santé mentale de même que certains avec des problèmes de toxicomanie. Le gouvernement verse de l'argent à ces ressources plutôt que d'envoyer ces personnes en institution.

Les compressions représentent des milliers de dollars par mois pour chacune des résidences spécialisées, qui prodiguent les soins particulièrement onéreux. « Pour des gens qui sont dans des situations déjà très précaires, qui regardent les médecins spécialistes - en se disant : « mais sur quelle planète vivent ces gens-là? » - parce que nous sommes 24 heures par jour, sept jours par semaine avec des usagers qui ont besoin de soins constants », avance M. Lisée.

Propriétaire d'une résidence intermédiaire, Solange Valiquette soutient qu'elle devra fermer les portes de sa maison si le gouvernement refuse de revoir le financement de ces résidences d'accueil.

La présidente de l'Alliance nationale des associations démocratiques des ressources à l'adulte du Québec (ADRAQ), Diane Ménard, souhaite pouvoir régler, par la négociation, la question de la rétribution « une bonne fois pour toutes ». Elle déplore que les conditions de rémunération aient été imposées lors de la dernière négociation.

« Notre rétribution est basée sur 7,75 heures de travail [par jour], alors qu'on exige de nous une présence de 24 heures par jour, 365 jours par année. »

— Diane Ménard

Le gouvernement affirme aux représentants de l'ADRAQ avoir le mandat d'effectuer des compressions, selon Mme Ménard. « Ils nous disent beaucoup le mot austérité. Ils nous disent beaucoup le mot « coupures », mais ils ne cherchent pas à avoir un mandat plus clair et plus large pour résoudre le problème des résidences d'accueil. »

« Des personnes déficientes intellectuelles ou lourdement handicapées ce ne sont pas ces personnes qui vont aller dans la rue manifester. Ils n'ont pas de voix. »

L'AQDRAD a obtenu un mandat unanime afin de mener des moyens de pression pour dénoncer les compressions budgétaires. Sans vouloir dévoiler le détail des moyens de pressions envisagées, elle promet qu'ils ne toucheront pas ne serait-ce « qu'un cheveu de leurs résidents ».

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