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29/01/2016 00:49 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Qui sera le prochain président birman?

La première mission du nouveau Parlement birman, qui entre en fonction lundi, est d'élire un président. Mais le mystère reste entier quant aux possibles candidats à cette fonction suprême.

En Birmanie, en vertu d'un système complexe, les députés élus aux législatives du 8 novembre ont dû patienter plusieurs mois avant d'entrer enfin en scène.

Pour le président, le processus est encore plus long: il sera élu par les parlementaires dans les prochaines semaines et prendra normalement ses fonction au 1er avril.

- Aung San Suu Kyi?

En principe, Aung San Suu Kyi ne peut pas devenir présidente, la Constitution empêchant toute personne ayant des enfants de nationalité étrangère de le devenir (or ses fils sont Britanniques).

Pendant les mois ayant précédé les législatives, elle a redoublé d'efforts pour faire modifier la Constitution par le Parlement sortant, en vain.

Mais Aung San Suu Kyi pourrait changer la Constitution, si elle obtient l'appui des députés militaires (qui conservent une minorité de blocage de 25% des sièges).

Sinon, elle a prévenu qu'elle serait de toute façon "au-dessus du président".

- Tin Oo?

Le chef du parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), fait figure de favori. Lors de la campagne électorale, son portrait était affiché sur la façade du siège de la NLD, au côté d'Aung San Suu Kyi et de son père, le général Aung San, héros de l'indépendance de l'ex-colonie britannique.

Ancien général, il fut chef de l'armée à l'époque du dictateur Ne Win avant de rejoindre Aung San Suu Kyi aux premières heures de son combat.

Il a cependant près de 90 ans et répète qu'il n'a aucune intention de devenir président.

- Tin Myo Win?

Le médecin personnel d'Aung San Suu Kyi fait partie des rares personnes ayant été autorisées à la voir pendant ses quinze ans de résidence surveillée.

Il est à la tête du National Health Network de la NLD, en charge des questions de santé au sein du parti.

A 64 ans, ce bouddhiste modéré est toujours chirurgien au Muslim Free Hospital de Rangoun, structure hospitalière où la minorité musulmane est soignée sans discrimination, dans ce pays secoué par des tensions anti-musulmanes.

Les spéculations à son sujet se sont multipliées quand Aung San Suu Kyi l'a emmené avec elle pour sa rencontre lundi avec le chef de l'armée. Tin Myo Win n'a pas d'expérience militaire (de "vision de défense" selon la terminologie officielle), ce qui en principe est requis pour devenir président.

- Outsider? -

Plusieurs noms de candidats moins attendus circulent également, dont celui de Shwe Mann, président de la chambre basse du Parlement sortant et ancien numéro trois de la junte, qui a multiplié les signes d'ouverture vers Aung San Suu Kyi avant même sa victoire électorale.

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