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29/01/2016 07:52 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Les Pays-Bas vont participer aux frappes aériennes en Syrie

Les Pays-Bas vont participer aux frappes aériennes menées en Syrie contre le groupe Etat islamique (EI), a annoncé vendredi le gouvernement néerlandais, répondant positivement à une demande en ce sens de Washington et de Paris.

"Les récentes attaques terroristes à Paris, Istanbul et Jakarta mettent en évidence le fait que l'EI est un danger pour notre sécurité et notre manière de vivre. (...) Nous avons donc décidé de répondre à cette demande", a affirmé le Premier ministre libéral Mark Rutte lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Les Pays-Bas participent depuis octobre 2014 aux opérations de la coalition en Irak avec quatre chasseurs F-16 spécialisés dans le soutien aux opérations terrestres de l'armée irakienne. Ces quatre avions vont donc "élargir" leur travail, selon le Premier ministre. "Nous allons travailler de manière plus efficace".

Les frappes néerlandaises seront "ciblées" et viseront en particulier des camps d'entraînement, a précisé le ministre des Affaires étrangères, Bert Koenders. "Les progrès qui ont été enregistrés en Syrie ne dureront pas si l'EI est en état de diriger la lutte en Irak depuis l'est de la Syrie", a-t-il ajouté. "S'occuper de la ligne d'alimentation depuis l'est de la Syrie est donc essentiel". Cette participation à la coalition internationale doit durer jusqu'au premier juillet, a-t-il souligné.

Après avoir débuté les frappes en Irak en août 2014, Washington avait élargi les cibles un mois plus tard.

Dans le passé, les Pays-Bas avaient prévenu qu'ils n'élargiraient pas leur action à la Syrie sans un mandat de l'ONU. Mais les Etats-Unis et la France leur avaient demandé en décembre de se joindre aux frappes contre l'Etat islamique en Syrie.

Si le parti du Premier ministre libéral Mark Rutte était favorable à cette demande il restait à convaincre son partenaire au sein de la coalition gouvernementale, le parti travailliste (PvdA). Le PvdA a finalement accepté mardi cette extension des frappes à la Syrie, estimant que les pourparlers de paix de l'ONU, qui s'amorcent à Genève, ouvraient la voie à un mandat.

Des représentants du régime de Damas sont arrivés en Suisse pour des discussions visant à mettre un terme à la tragédie syrienne, mais le processus, parrainé par l'ONU, est fragilisé par l'absence des principaux groupes d'opposition, qui réclament des gestes humanitaires.

Le gouvernement néerlandais estime que le président Bachar el-Assad doit se retirer pour parvenir à une "solution durable", souligne M. Koenders.

Les Pays-Bas envisagent également d'offrir "un support matériel et des formations" aux combattants en Irak, notamment les Peshmerga kurdes.

En Syrie, le gouvernement de La Haye a décidé d'allouer des fonds pour soutenir l'opposition avec des moyens civils et médicaux. "Les bombes ne peuvent être l'unique solution à un conflit aussi complexe", a ajouté M. Koenders.

La décision de bombarder en Syrie pourrait "à terme, relever le profil des Pays-Bas aux yeux de l'EI", a-t-il ajouté, mais le niveau de l'alerte terroriste y reste inchangé à ce jour.

La France s'était décidée à se joindre à Washington dans les bombardements en Syrie après les attentats de Paris du 13 novembre, qui ont provoqué la mort de 130 personnes.

Le Grande-Bretagne a également rejoint la coalition à la fin de l'année dernière, alors que des avions russes effectuent des frappes en Syrie depuis septembre.

La guerre en Syrie a fait plus de 260.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés en cinq ans.

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