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29/01/2016 05:28 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Les europhobes lancent à Milan une attaque en règle contre l'UE

L'extrême droite s'est rassemblée jeudi et vendredi à Milan pour dénoncer l'Union européenne, un "monstre" accusé de tous les maux du continent, et compte sur les mouvements nationaux europhobes, qui montent en puissance sur fond de crise migratoire, pour l'achever.

En France, "le Front national est en faveur de la coopération entre des nations libres et souveraines. L'édifice européen s'écroule et nous espérons que les nations et leurs libertés seront de retour", a déclaré vendredi à la presse sa présidente, Marine Le Pen.

Interrogée sur l'absence d'alliés qui caractérisent souvent ces partis europhobes de droite sur leur scène nationale, elle a répondu que "les seuls alliés dont nous avons besoin sont les gens. (...) Je suis convaincue que notre arrivée au pouvoir fait partie de l'avenir et nous devons l'accélérer", a-t-elle ajouté.

Mme Le Pen est co-présidente d'un petit groupe de députés européens europhobes appelé "Europe des Nations et des Libertés" (ENL), qui tenait jeudi et vendredi sa première convention à Milan, organisée par la Ligue du Nord, le parti anti-euro et anti-immigrés italien.

Pour tous ces partis qui se définissent "patriotiques", la meilleure solution est la disparition de l'Union européenne, "le monstre" de Bruxelles, et le retour de la souveraineté aux mains des Etats-membres. Ces derniers pourraient ainsi fermer les frontières pour contrôler l'immigration et faire face au danger de "l'islamisation" du continent.

Pour y parvenir, ils comptent sur un vaste sentiment de mécontentement populaire présent dans l'UE sur de nombreux sujets et sur l'effet d'émulation.

"La Brexit devrait être un événement historique et devrait avoir un effet domino sur les autres, ainsi d'autres pays seraient encouragés à suivre cette voie", ainsi estimé Janice Atkinson, une euro-député britannique indépendante.

"Une enquête que nous avons commissionnée démontre que les Pays-Bas se porteraient mieux en-dehors de l'UE. Sa sortie représenterait un gain de 10.000 euros par an pour chaque famille", a renchéri Marcel de Graaff, du Parti de la liberté (PVV) néerlandais, évoquant un "Nexit" (sortie néerlandaise) de l'UE.

- Principales menaces : islam et immigration -

"Aujourd'hui, notre civilisation est en danger face à une menace existentielle. Nos frontières sont ouvertes à une immigration de masse islamique, la menace terroriste n'a jamais été aussi élevée", a renchéri Geert Wilders, chef du PVV. "Nous avons lancé un appel en faveur d'une révolution pacifique visant à reprendre notre souveraineté, le contrôle de nos frontières et de nos comptes publics", a ajouté le député néerlandais d'extrême droite, qui vit sous escorte policière depuis ses attaques virulentes contre l'islam.

"Nous faisons face à une vraie et propre invasion en provenance de pays arabes, musulmans et africains", a commenté Heinz-Christian Strache, du Parti de la liberté autrichien (FPÖ).

"L'islam d'aujourd'hui est incompatible avec les droits et les valeurs que l'Occident a conquis au cours des décennies", a jugé de son côté Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord. Sa solution : "les navires de notre pays devraient ramener dans les ports de départ les réfugiés sauvés en mer au lieu de les emmener en Italie", dit-il.

"L'islam est une menace, il n'est pas compatible avec la liberté", a renchéri M. Wilders.

La veille, plusieurs représentants de partis membres de l'ENL ont pris la parole au cours d'un meeting, le premier de ce mouvement créé l'an dernier à l'initiative de ces partis, dont le groupe compte une quarantaine de députés au Parlement européen.

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