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29/01/2016 06:51 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Les deux journalistes étrangers arrêtés au Burundi libérés sans inculpation (ambassade de France)

Deux envoyés spéciaux du quotidien français Le Monde, le Français Jean-Philippe Rémy et le Britannique Phil Moore, arrêtés jeudi au Burundi, "en compagnie", selon les autorités de "criminels armés", ont été libérés vendredi sans inculpation après leur audition par le Parquet, a annoncé l'ambassadeur de France à Bujumbura.

"Ils ont été libérés. Aucune charge n'a été retenue contre eux", a annoncé à l'AFP, l'ambassadeur de France à Bujumbura, Gerrit Van Rossum, précisant que leur équipement professionnel ne leur avait pas été rendu dans l'immédiat.

Jean-Philippe Rémy, 49 ans, est le correspondant régional pour l'Afrique du Monde. Phil Moore, 34 ans, est un photographe indépendant, travaillant régulièrement pour l'AFP. Outre Le Monde, il a également effectué des reportages pour The New York Times, The Guardian, ou Der Spiegel.

"Phil Moore et Jean-Philippe Rémy ont été libérés", a également indiqué dans un communiqué l'Association des Correspondants étrangers en Afrique de l'Est (FCAEA), exprimant son "grand soulagement".

Après une nuit passée au siège du Service national de Renseignement (SNR), où ils avaient été interrogés, les deux envoyés spéciaux avaient été déférés vendredi après-midi au Palais de Justice de Bujumbura pour y être entendus par le Parquet.

Selon la police, ils avaient été arrêtés jeudi après-midi à Nyakabiga, quartier du centre de Bujumbura, où la police avait été informée que "des criminels tenaient une réunion". Le groupe s'est enfui mais la police a "rattrapé cinq personnes: 4 Burundais qui avaient deux pistolets et un Britannique", Phil Moore, avait expliqué à l'AFP le porte-parole adjoint de la police Moïse Nkurunziza.

"La police a été très surprise et s'est inquiétée de voir un journaliste, ayant toutes les autorisations de travailler au Burundi et qui donc n'avait rien à craindre de la police, courir et fuir", a-t-il ajouté, précisant que M. Rémy avait été interpellé lorsqu'il était venu demander des nouvelles de son collègue.

Le ministère français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait appelé vendredi "les autorités du Burundi à procéder à leur libération immédiate". Le Monde, l'AFP et de nombreuses organisations avaient également réclamé leur libération, affirmant que ces deux "journalistes chevronnés" n'avaient fait qu'exercer leur métier.

L'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat a plongé le Burundi dans une grave crise, ses adversaires lui reprochant de violer la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant permis de mettre fin à la sanglante guerre civile (1993 et 2006) qui continue de hanter le pays.

Plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de la crise, marquée par une tentative de coup d'Etat militaire, des manifestations brutalement réprimées et une intensification des violences, désormais armée, depuis la réélection controversée de M. Nkurunziza en juillet.

Plus de 200.000 personnes ont pris le chemin de l'exil, parmi lesquels de nombreux opposants, militants associatifs et journalistes.

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