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29/01/2016 07:46 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Le Canada discute de sécurité avec les Etats-Unis et le Mexique

Les chefs de la diplomatie nord-américaine devaient aborder vendredi à Québec les enjeux de sécurité avec le nouveau rôle canadien au sein de la coalition, au moment où Ottawa veut cesser ses frappes aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Stéphane Dion, ministre canadien des Affaires étrangères a accueilli à Québec (Est du Canada) ses homologues américain John Kerry et mexicaine Claudia Ruiz Massieu dans le cadre des réunions annuelles de la diplomatie nord-américaine.

Le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau doit, depuis la fin de l'automne, jongler entre sa volonté de replacer le Canada sur l'échiquier de la diplomatie mondiale et le camouflet infligé à ses alliés de la coalition contre le groupe EI avec le retrait annoncé de ses six avions de combats F18.

Pour l'instant, les six F18 canadiens poursuivent leurs frappes sur les positions des jihadistes tant en Irak qu'en Syrie. Curieusement, alors que Justin Trudeau ou Stéphane Dion répètent sans cesse que les avions vont rentrer, les frappes aériennes des F18 sont plus soutenues que le rythme observé sous les conservateurs depuis le début des bombardements à l'automne 2014.

Depuis le début de l'année, le Canada a bombardé des positions du groupe EI à dix reprises, les plus récentes mardi et mercredi respectivement à l'ouest de Fallouja en Irak et à l'est de Palmyre en Syrie.

A la veille de rencontrer John Kerry, Stéphane Dion a assuré que les membres de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis lui avaient soumis différents projets alternatifs aux frappes aériennes. Justin Trudeau s'est engagé à renforcer la présence sur le terrain de militaires canadiens pour la formation des forces irakiennes et aussi d'accentuer ses efforts humanitaires.

- Contribution conséquente -

Les Canadiens "ont été très clairs pour dire qu'ils repensaient leur contribution aérienne même si évidemment nous aurions aimé qu'ils continuent" à participer aux frappes, a confié vendredi un diplomate américain juste avant la réunion de Québec.

"Nous allons aborder sur quels plans (les Canadiens) peuvent intervenir dans le cas où ils retirent leurs avions et nous espérons qu'ils contribueront par d'autres moyens", a poursuivi la même source.

"Nous ne pouvons pas dire oui" à toutes les demandes des alliés, avait indiqué plus tôt cette semaine Stéphane Dion en assurant que le plan, avec une contribution conséquente, était en cours de finalisation. Si aucune date n'a été donnée pour l'arrêt des frappes canadiennes, le mandat donné à cet engagement par la précédente majorité conservatrice à la Chambre court jusqu'à la fin mars.

Stéphane Dion devait aussi rassurer John Kerry sur la politique d'accueil de réfugiés syriens dont près de 15.000 sont arrivés au Canada sur les 25.000 prévus avant la fin février.

Des membres du Congrès américain s'inquiètent des risques posés par cet afflux massif de réfugiés de l'autre côté de leur frontière, craignant que d'éventuels éléments radicalisés puissent pénétrer aux Etats-Unis et posent un risque sécuritaire.

Une inquiétude sans fondement pour le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale, qui a informé le département américain de la Sécurité intérieure sur "les niveaux de sécurité et de filtrage (des réfugiés) mis en place" par les autorités canadiennes avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Jordanie et au Liban pour la sélection des candidats à l'immigration.

Claudia Ruiz Massieu, John Kerry et Stéphane Dion devaient aussi préparer la rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement des trois pays plus tard dans l'année.

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