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28/01/2016 22:42 EST | Actualisé 28/01/2017 00:12 EST

La statue de Cecil Rhodes reste en place à Oxford

Une statue datant du XIXe siècle du colonisateur et suprémaciste blanc Cecil John Rhodes va rester en place à Oxford, a tranché vendredi la prestigieuse université, en dépit d'une campagne demandant à la faire "tomber".

La campagne Rhodes Must Fall In Oxford ("Rhodes doit tomber à Oxford") avait milité pour déboulonner la statue du fondateur de la société minière De Beers (1853-1902), qui fut l'un des artisans de l'expansion coloniale de l'empire britannique en Afrique australe.

Salie par la pollution et les pigeons, sa statue en calcaire est placée au coeur de la ville universitaire, sur la façade d'un bâtiment d'Oriel College.

A la suite de la campagne, Oriel College avait lancé une consultation auprès des étudiants, des professeurs, des anciens et des associations vouées au patrimoine.

Résultat: "pour des raisons variées, une grande majorité souhaite que la statue reste en place", a indiqué Oriel College dans un communiqué.

Le collège lui-même estime que "la présence de ces objets historiques offre un témoignage important de la complexité de l'histoire et de l'héritage du colonialisme".

Selon le Daily Telegraph, la crainte de perdre jusqu'à 100 millions de livres (130 million d'euros) ne serait pas étrangère à la décision du statu quo.

Rhodes avait donné une partie de sa fortune à l'université et des "bourses Rhodes" ont permis à 8.000 étudiants du monde entier de venir étudier à Oxford, dont l'ancien président américain Bill Clinton et l'ex-Premier ministre australien Tony Abbott.

Contrairement à ce qui était prévu, Oriel College va également conserver une plaque remerciant Rhodes "des grands services rendus à son pays", qui est située sur un autre bâtiment.

La campagne Rhodes Must Fall In Oxford avait suivi celle qui avait abouti en avril 2015 au retrait d'une autre statue de Rhodes, à l'Université du Cap (Afrique du Sud). Des étudiants y voyaient un symbole de l'oppression imposée aux Noirs par la minorité blanche qui a dominé ce pays jusqu'en 1994.

"Mettre quelqu'un sur un piédestal, littéralement, revient à tolérer tacitement son héritage", avait déclaré en décembre Daisy Chandley, une étudiante engagée dans la campagne anti-Rhodes à Oxford.

Dans une lettre au quotidien The Times, le dernier président blanc d'Afrique du Sud, Frederik de Klerk, récipiendaire aux côtés de Nelson Mandela du prix Nobel de la paix, avait en revanche taxé le mouvement de "sottise".

Rhodes, dont le rêve avait été de construire une ligne de chemin de fer du Cap au Caire, a donné son nom à la Rhodésie (aujourd'hui Zimbabwe).

jk/jh