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29/01/2016 03:59 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

La France, l'AFP et le quotidien Le Monde réclament la "libération immédiate" de deux journalistes arrêtés au Burundi

La France, l'Agence France-Presse, le journal Le Monde et Reporters sans Frontières ont appelé vendredi les autorités du Burundi à libérer les journalistes français Jean-Philippe Rémy et britannique Philip Moore, arrêtés le veille à Bujumbura.

"Nous avons appris avec préoccupation l'arrestation" de ces deux journalistes. "J'appelle les autorités du Burundi a procéder à leur libération immédiate. Des démarches diplomatiques sont en cours", a déclaré dans un bref communiqué le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

"On est extrêmement préoccupés par les arrestations des journalistes" au Burundi, a également déclaré une porte-parole de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ray.

La délégation de l'UE à Bujumbura "est en train de suivre le cas avec l'ambassadeur de France et a déjà soulevé le cas comme un sujet urgent avec le ministre burundais des Affaires étrangères", a-t-elle ajouté.

Le quotidien Le Monde a aussi demandé vendredi la libération de ses deux envoyés spéciaux au Burundi, Jean-Philippe Rémy, 49 ans, et Philip Edward Moore, photographe de 34 ans. "D'après nos informations, ils ont été interpellés à Bujumbura dans l'après-midi de jeudi par les services de sécurité burundais alors qu'ils rencontraient des opposants", a indiqué Le Monde sur son site.

"Phil Moore et Jean-Philippe Rémy ont été arrêtés alors qu'ils exerçaient leur mission d'informer", a déclaré le PDG de l'AFP, Emmanuel Hoog.

"Ils doivent être libérés au plus vite. Ce nouvel incident grave, après celui subi par notre correspondant Esdras Ndikumana, témoigne de l'extrême difficulté à rendre compte de la situation au Burundi, et des menaces permanentes qui pèsent sur la sécurité des journalistes dans ce pays", a-t-il ajouté.

M. Ndikumana, correspondant au Burundi de l'AFP et de Radio France Internationale (RFI), avait dû fuir le pays après avoir été arrêté et violemment frappé par les forces de sécurité gouvernementales burundaises en août 2015.

Dénonçant un pays qui "s'enfonce encore un peu plus dans la répression de l'information", l'organisation Reporters sans Frontières (RSF) a rappelé dans un communiqué que "la présence de la presse étrangère est d'autant plus cruciale que les journalistes burundais sont largement partis en exil et que ceux qui sont restés sont empêchés de travailler".

"Aucun journaliste ne devrait être arrêté pour avoir fait son travail. S'il n'y a pas d'accusations crédibles, ils devraient être libérés immédiatement et sans condition ", a renchéri Muthoni Wanyeki, directrice régionale d'Amnesty International.

Dix-sept personnes dont les deux journalistes ont été arrêtées jeudi à Bujumbura lors d'une opérations policière contre des "criminels armés", ont indiqué les autorités du Burundi, plongé dans une grave crise depuis fin avril.

Jean-Philippe Rémy et Phil Moore, entrés légalement dans le pays les 19 et 21 janvier, "étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu'exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi", selon Le Monde.

L'Association des journalistes étrangers en Afrique de l'Est (FCAEA) a dit être "extrêmement préoccupée par les arrestations" des deux journalistes qui sont "des professionnels chevronnés", "alors qu'ils faisaient leur travail à Bujumbura".

Le Burundi a plongé dans la violence après la répression brutale en avril 2015 de manifestations contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, réélu en juillet dans un scrutin boycotté par l'opposition.

La plupart des médias indépendants ont été contraints de fermer ces derniers mois et de nombreux journalistes, cibles de menaces ou d'attaques, ont dû fuir le pays ou vivent dans la clandestinité.

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