NOUVELLES
28/01/2016 22:48 EST | Actualisé 28/01/2017 00:12 EST

La Banque du Japon surprend les marchés par l'adoption de taux négatifs

La Banque du Japon (BOJ) a surpris en annonçant vendredi l'instauration de taux d'intérêt négatifs pour tenter de relancer une inflation et une économie vacillantes, une mesure exceptionnelle justifiée par les turbulences actuelles sur les marchés.

A la Bourse de Tokyo, cette annonce a fait bondir l'indice Nikkei jusqu'à 3,5% avant qu'il ne fluctue. Une vingtaine de minutes avant la clôture, il augmentait de 2,4%. Le yen a également chuté dans la foulée, le dollar s'élevant à 120,40 120 yens, contre 118,90 yens un peu plus tôt.

"Le gouverneur Haruhiko Kuroda a bâti sa réputation en changeant de cap sans crier gare, et la décision de ce jour ne fait que conforter sa réputation", a réagi Capital Economics.

La BoJ a fixé à -0,1% son taux de dépôt au jour le jour, un outil qui consiste à pénaliser les banques qui placent leurs liquidités dans ses coffres plutôt que de les prêter. En théorie, abaisser ce levier en dessous de zéro devrait stimuler le crédit et donc l'activité économique.

Cette mesure, qui a été adoptée par une courte majorité (5 voix contre 4), entrera en vigueur à partir du 16 février et pourrait être amplifiée "si jugé nécessaire", a précisé l'institution qui marche ainsi dans les pas de la Banque centrale européenne.

En juin 2014, la BCE était devenue la première grande banque centrale du monde à tester les taux négatifs, imitant la politique suivie par d'autres banques centrales de plus petite taille comme celles du Danemark ou de Suisse.

Le comité de politique monétaire de la BOJ a par ailleurs reconduit à l'identique son vaste programme de rachat d'actifs d'un montant actuel de 80.000 milliards de yens par an (quelque 600 milliards d'euros), qui était resté inchangé depuis fin octobre 2014.

La banque centrale explique avoir décidé de passer à la vitesse supérieure du fait de "la volatilité des marchés financiers mondiaux, sur fond de poursuite du déclin des prix du pétrole et d'incertitudes dans les pays émergents et exportateurs de matières premières, en particulier en Chine".

bur-anb/uh/ggy/jh