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29/01/2016 10:44 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

L'ONU pointe cinq pays accusés dans des scandales sexuels en Centrafrique

Des soldats ou policiers de cinq pays (Bangladesh, Maroc, RDCongo, Niger, Sénégal) sont accusés d'avoir commis des abus sexuels sur des mineurs dans le cadre de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca), a révélé vendredi un haut responsable de l'ONU.

C'est la première fois que l'ONU nomme publiquement et de sa propre initiative les pays dont sont originaires des responsables d'abus sexuels ou d'exploitation sexuelle parmi ses missions de maintien de la paix.

Anthony Banbury, secrétaire général adjoint chargé de la logistique des missions, a fait valoir une "volonté de transparence".

Il a expliqué que ce serait bientôt la règle pour toutes les accusations de ce genre. L'ONU doit publier le mois prochain un rapport dans lequel les pays seront nommés. Un site internet permettra, autant que possible, de suivre l'évolution des enquêtes et les sanctions éventuelles contre les Casques bleus reconnus coupables.

Il revient aux pays contributeurs de troupes de mener ces enquêtes et de gérer leurs éventuelles suites judiciaires.

"Nous avons besoin du soutien et de l'engagement de nos partenaires" qui fournissent du personnel aux missions, a-t-il souligné.

M. Banbury a détaillé devant la presse cinq affaires parmi les plus récentes impliquant dix membres de la Minusca: deux soldats du Bangladesh, un soldat de RDCongo, un soldat marocain, quatre soldats nigériens et deux policiers sénégalais.

Ils sont accusés d'avoir abusé en tout de six victimes, toutes mineures, parfois en échange d'argent, entre janvier 2014 et décembre 2015.

En tout, l'ONU a recensé l'an dernier 22 cas d'accusations d'abus sexuels portées contre ses Casques bleus en RCA, sur un total de 69 pour l'ensemble de ses 16 missions dans le monde.

En 2014 l'ONU avait confirmé 51 cas, beaucoup moins que les 85 cas recensés en 2010, a souligné M. Banbury.

Il a affirmé que les membres du personnel de l'ONU avaient une obligation professionnelle et morale de signaler les cas d'abus sexuels présumés, faute de quoi ils se rendraient complices de ces agissements.

Cette conférence de presse a coïncidé avec l'annonce faite à Genève par l'ONU d'un autre scandale d'abus sexuels présumés sur des enfants et adolescentes commis par des soldats étrangers, notamment géorgiens, en mission en Centrafrique mais ne relevant pas de l'ONU.

Une équipe de l'ONU en Centrafrique a interviewé plusieurs enfants et adolescentes ayant déclaré avoir été abusés sexuellement ou exploités par des soldats participant à une mission européenne (Eufor-RCA) ou à la mission française Sangaris.

avz/sha