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29/01/2016 07:54 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

L'armée française est au maximum de ses capacités (chef d'état-major)

L'armée française est "au taquet" et toute nouvelle opération nécessitera de réduire la voilure ailleurs ou d'augmenter le budget de la Défense, a déclaré vendredi son chef d'état-major, le général Pierre de Villiers.

"Nous sommes au taquet de nos contrats opérationnels", a souligné le chef d'état-major des armées lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes de défense (AJD).

En cas d'extension des opérations sur un nouveau théâtre, "on peut (soit) se désengager quelque part, (soit) augmenter le budget pour avoir plus de moyens, ce qui nécessite du temps", a-t-il ajouté.

La France pourrait être amenée à intervenir militairement en Libye, au côté des Etats-Unis et d'autres pays européens, si le gouvernement d'union libyen mis en place est reconnu par le Parlement de Tobrouk et demande de l'aide pour rétablir la sécurité dans le pays.

Ce dossier, avec en toile de fond une progression rapide du groupe Etat islamique (EI) en Libye, a été abordé lors d'une rencontre entre le chef d'état-major des armées françaises et son homologue américain, le général Joseph Dunford, le 22 janvier à Paris.

"Avant tout engagement militaire, il faut une stratégie avec un effet final recherché (...) Faire une guerre pour une guerre n'apporte pas la paix. Nous avons des exemples récents en Irak, en Libye", a noté le général de Villiers.

"L'évolution stratégique est en cours, ce n'est pas très facile a priori", a-t-il ajouté en référence aux discussions pour tenter de faire reconnaître le gouvernement libyen d'union nationale.

Le général de Villiers s'est félicité par ailleurs de la décision de relever le budget de l'armée française, suite aux attentats de 2015, après une décennie de lourdes restructurations.

La France va atteindre un budget Défense à hauteur de 2% du PIB (selon le calcul Otan) - contre 1,7% actuellement - et ce, "probablement" avant 2025 "au vu de la situation sécuritaire", a-t-il noté.

Evoquant l'opération Sentinelle mise en place sur le territoire national après les attentats, le général a souligné l'effort considérable de l'armée de terre pour maintenir un engagement à 10.000 hommes.

"On attend 11.000 soldats supplémentaires (en cours de recrutement). En attendant on serre les dents et on a un rythme qui est quand même extrêmement pesant", a-t-il concédé.

vl/mw/cel