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29/01/2016 07:22 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Israël: une ONG présente ses excuses pour avoir stigmatisé les artistes de gauche

Une ONG israélienne de droite qui avait provoqué l'indignation en qualifiant de "taupes hostiles" des artistes proches de la gauche, comme l'écrivain Amos Oz, a présenté ses excuses vendredi sur sa page Facebook.

"Il y a deux jours, nous avons fait une erreur. Nous avons mis en ligne un commentaire erroné sur un sujet particulièrement important et nous aurions du être beaucoup plus vigilants", peut-on lire sur la page Facebook de l'organisation Im Tirtzu ("Si vous le voulez").

Des responsables politiques israéliens de tous bords avaient dénoncé comme "fasciste" et "odieuse" la campagne de l'ONG qui s'en était prise mercredi sur sa page Facebook à des personnalités du monde de la culture israélienne en leur reprochant de soutenir des organisations de gauche qualifiées de "cinquième colonne".

L'ONG avait mis en ligne un poster intitulé "Taupes dans la culture" montrant les photos de quatre écrivains et artistes, dont le militant pour la paix Amos Oz.

L'organisation accusait de déloyauté envers l'Etat d'Israël des dizaines d'autres artistes et auteurs, parmi lesquels David Grossman et Avraham B. Yehoshua.

"Notre monde culturel est contrôlé par de nombreuses taupes introduites par le New Israel Fund et ses organisations", affirmait Im Tirtzu, en référence à une fondation basée aux Etats-Unis qui subventionne des groupes oeuvrant pour les droits civils, la liberté religieuse ou la justice sociale.

L'organisation Im Tirtzu avait déjà fait parler d'elle en décembre avec une vidéo fustigeant comme des "agents étrangers" les activistes israéliens des droits de l'Homme dont les groupes bénéficient de subventions internationales.

L'ONG a précisé vendredi que ses excuses ne concernaient pas les "agents étrangers" et qu'elle continuerait à "critiquer les organisations qui présentent les soldats israéliens comme des criminels de guerre et ceux qui appellent à boycotter le pays".

Cette controverse coïncide avec la polémique provoquée par un projet de loi de la ministre de la Justice Ayelet Shaked ciblant les ONG de gauche.

Cette ministre a cependant affirmé jeudi que "les artistes avec des opinions de gauche ne (devaient) pas être considérés comme des +taupes+ ou diabolisés".

dms/lal/feb