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29/01/2016 05:50 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Dion en mode « rattrapage » avec le Mexique et les États-Unis

Les chefs de la diplomatie du Canada, des États-Unis et du Mexique se rencontrent, vendredi, à Québec, pour mettre la table à la rencontre de chefs d'États des trois pays qui doit avoir lieu plus tard cette année.

Stéphane Dion, John Kerry et Claudia Ruiz Massieu doivent notamment discuter de relations commerciales, de sécurité, d'environnement et de lutte aux changements climatiques.

Ottawa souhaite renforcer la coopération sur ces enjeux avec ses deux partenaires de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), tel que le premier ministre Justin Trudeau l'a écrit dans la lettre de mandat remise en novembre au ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion.

Les dirigeants des trois pays, que l'on surnomme les « trois amigos », devaient se rencontrer au Canada l'an dernier, mais le sommet avait été annulé par l'ancien premier ministre Stephen Harper. La rencontre permettra donc au Canada de faire du « rattrapage » dans ses relations avec ses deux partenaires, a dit M. Dion.

Selon le ministre des Affaires étrangères, l'annulation du sommet prévu l'an dernier découlait des problèmes entre le Canada et les États-Unis concernant le pipeline Keystone XL, un projet qui a depuis été annulé, et ceux entre le Canada le Mexique dans une affaire de visas.

Justin Trudeau a déjà fait savoir qu'il compte annuler l'exigence d'un visa pour les Mexicains qui visitent le Canada, mais aucune annonce importante à ce sujet n'est attendue vendredi.

Quel rôle pour le Canada?

La rencontre doit aussi permettre de discuter du nouveau rôle que le Canada souhaite jouer au sein de la coalition internationale emmenée par les États-Unis qui bombarde le groupe armé État islamique en Syrie et en Irak.

Les CF-18 canadiens participent toujours à ces attaques, mais le Canada entend y mettre un terme d'ici peu. Le premier ministre Trudeau s'est engagé à renforcer la présence sur le terrain de militaires canadiens pour la formation des forces irakiennes et aussi d'accentuer ses efforts humanitaires.

À la veille de la rencontre, Stéphane Dion a assuré que les membres de la coalition internationale lui ont soumis différents projets alternatifs aux frappes aériennes. 

Les Canadiens « ont été très clairs pour dire qu'ils repensaient leur contribution aérienne même si évidemment nous aurions aimé qu'ils continuent » à participer aux frappes, a confié un diplomate américain avant la réunion de Québec.

« Nous allons aborder sur quels plans [les Canadiens] peuvent intervenir dans le cas où ils retirent leurs avions et nous espérons qu'ils contribueront par d'autres moyens », a poursuivi la même source.

« Nous ne pouvons pas dire oui » à toutes les demandes des alliés, a indiqué Stéphane Dion plus tôt cette semaine, en assurant que le plan, avec une contribution conséquente, était en cours de finalisation.

Aucune date n'a été donnée pour l'arrêt des frappes canadiennes, mais le mandat donné à cet engagement par l'ancien gouvernement Harper viendra à échéance à la fin mars.

La question des réfugiés syriens

Stéphane Dion doit aussi profiter de la rencontre pour rassurer John Kerry sur la politique d'accueil de réfugiés syriens au Canada. Plus de 10 000 sont déjà arrivés, et le gouvernement cherche à en accueillir 15 000 autres d'ici la fin du mois de février. 

Des membres du Congrès américain s'inquiètent des risques posés par cet afflux massif de réfugiés de l'autre côté de leur frontière, de crainte que d'éventuels éléments radicalisés puissent pénétrer aux États-Unis et posent un risque sécuritaire.

Le ministre canadien de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déjà informé le département américain de la Sécurité intérieure que ces craintes étaient sans fondement, étant donné les niveaux de sécurité et de filtrage mis en place avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour la sélection des candidats.

Québec saisit l'occasion

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard et sa ministre des Relations internationales Christine Saint-Pierre ont profité de l'occasion pour rencontrer Claudia Ruiz Massieu en matinée. Mme Saint-Pierre a expliqué que l'objectif était d'informer le Mexique « du fait qu'Hydro-Québec va reprendre ou reprend sa filière internationale ».

« Il y a un potentiel pour augmenter nos échanges avec le Mexique », a-t-elle commenté.

« Les échanges ont augmenté beaucoup depuis les dernières années. Entre 2009 et 2015, les exportations avec le Mexique ont doublé. On est passé de 600 millions à 1,2 milliard de dollars, et l'ensemble des échanges ont augmenté de 10 % pour atteindre 5,7 milliards. Donc, c'est une relation très importante avec le Mexique. »