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29/01/2016 12:39 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Chili : la justice met en examen la belle-fille de la présidente Michelle Bachelet

La belle-fille de la présidente chilienne Michelle Bachelet, Natalia Compagnon, a été mise en examen vendredi pour trafic d'influence et usage d'information privilégiée dans le cadre d'un prêt immobilier de 10 millions de dollars, une affaire qui a fortement nui à la popularité de la dirigeante.

Cette mise en examen intervient dans le cadre de l'enquête sur une transaction immobilière réalisée par l'entreprise Caval, détenue par Mme Compagnon et dans laquelle travaillait son époux, le fils aîné de la présidente, Sebastian Davalos.

Après l'obtention d'un prêt de 10 millions de dollars, cette entreprise avait revendu début 2015 des terrains dans le sud du Chili pour quelque 15 millions de dollars, réalisant au passage un bénéfice de 5 millions de dollars.

Le couple fait l'objet d'une enquête pour "trafic d'influence" et "usage d'information privilégiée", les terrains achetés ayant été requalifiés. M. Davalos a été entendu trois fois par la justice.

Après sa présentation devant un juge vendredi, Natalia Compagnon est ressortie avec une interdiction de sortie du territoire chilien et l'obligation de pointer tous les mois aux commissariat. Elle ne pourra pas non plus entrer en contact avec les autres protagonistes de l'affaire dans laquelle sont impliquées 13 personnes au total.

Des mesures jugées trop clémentes par certains, qui ont fait part de leur colère sur les réseaux sociaux ou à la sortie du tribunal. Mme Compagnon en est repartie escortée par des policiers alors qu'un groupe de personnes la conspuait en lui criant "voleuse !".

De son côté, Michelle Bachelet, qui a annulé un voyage prévu de longue date au Cap Horn, a admis vendredi devant la presse vivre "des moments difficiles" pour elle et pour sa famille.

Pourtant mise totalement hors de cause par son fils, qui a dû démissionner de son poste non rémunéré au sein du gouvernement, la présidente socialiste a vu sa popularité chuter à la suite de cette affaire.

Elle avait promis au début de son deuxième mandat en 2014 d'en finir avec les "privilèges" d'une minorité et les inégalités sociales.

L'affaire avait éclaté en février 2015 par la révélation que M. Davalos et Mme Compagnon avaient négocié, pendant la campagne présidentielle, un prêt immobilier d'environ 10 millions de dollars avec le directeur de la banque du Chili, le magnat Andronico Luksic, et ce alors que les autres banques estimaient que l'entreprise n'était pas suffisamment solvable.

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