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28/01/2016 21:16 EST | Actualisé 28/01/2017 00:12 EST

Birmanie: dernier jour au parlement pour les héritiers de la junte

Le Parlement dominé par les héritiers de la junte en Birmanie s'est réuni une dernière fois vendredi, dans la bonne humeur et une volonté affichée de céder la place lundi aux troupes de l'opposante Aung San Suu Kyi.

Trois mois après des législatives qui ont constitué un raz-de-marée pour la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), la très grande majorité des députés en place depuis cinq ans tirent leur révérence.

Malgré la défaite cuisante du parti au pouvoir, l'USDP, créé par la junte autodissoute en 2011 pour assurer sa sortie en douceur, les députés défaits ont passé leur temps à multiplier les bons mots.

En ouvrant la séance, le président USDP de la Chambre haute, Khin Aung Myint, s'est montré très jovial, faisant rire l'assistance. Un contraste saisissant avec l'atmosphère habituelle très sérieuse de ce parlement aux proportions démesurées implanté au milieu des champs dans la capitale, Naypyidaw. "Je souhaiterais dire au revoir à tous les députés avec une histoire drôle sur chacun d'entre eux... mais le temps est compté", a-t-il dit.

Au sujet d'Aung San Suu Kyi, députée d'opposition depuis 2012 grâce à des législatives partielles, il a rappelé qu'elle lui envoyait un gâteau "à chaque Nouvel An".

"Je dois dire qu'elle est la plus jolie de toutes", a-t-il plaisanté.

La veille, le président Thein Sein, qui restera en place jusque fin mars, a plus solennellement salué le "triomphe" de la démocratie.

Après des décennies de lutte contre la junte dont quinze ans en résidence surveillée, Aung San Suu Kyi est désormais aux marches du pouvoir. La première tâche du nouveau Parlement sera d'élire un président.

Son succès électoral, lors de ces premières élections libres depuis un quart de siècle, a suscité de fortes espérances au sein d'une population marquée par des décennies de gestion militaire calamiteuse pour l'économie.

Depuis sa victoire, les négociations, en coulisses, entre Aung San Suu Kyi et le pouvoir sortant sont intenses.

Après la dernière séance parlementaire, anciens et nouveaux députés doivent se retrouver pour un déjeuner et un karaoké.

"Je pense que saluer tout le monde de façon joyeuse est la meilleure façon de partir", a expliqué à l'AFP Khine Maung Yi, qui a perdu son siège face à un candidat de la NLD.

Cette transition est un moment crucial pour le pays, dirigé par l'armée ou d'anciens généraux depuis plus de 50 ans. La plupart des députés du parti d'Aung San Suu Kyi sont des novices en politique et les défis qui les attendent sont énormes.

La Birmanie reste l'un des pays le plus pauvre de la région et l'éducation comme la santé sont des secteurs en ruine après des années de junte.

Par ailleurs, l'armée reste un poids politique incontournable puisqu'elle va conserver 25% des sièges du Parlement grâce à des députés militaires non élus et qu'elle nomme certains ministres clés (Intérieur et Défense).

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