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29/01/2016 05:48 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Berlin cherche à apaiser les inquiétudes de Varsovie sur le gazoduc Nord Stream 2

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a assuré vendredi à Varsovie "prendre au sérieux" les inquiétudes des Polonais au sujet de la construction du gazoduc russo-allemand Nord Stream 2 sous la Baltique, projet qui selon lui n'est pas dirigé contre la Pologne mais reste purement "économique".

"Nous prenons très au sérieux les inquiétudes de la Pologne", a déclaré le vice-chancelier et ministre de l'Economie allemand lors d'un point de presse avec son homologue polonais Mateusz Morawiecki.

"Nous avons indiqué à la partie russe que nous n'allons pas réaliser ce projet sans que soient garanties la sécurité des livraisons via l'Ukraine également après 2019, la sécurité des livraisons à l'Europe de l'Est et le bon fonctionnement du gazoduc Yamal" (traversant la Pologne), a déclaré le vice-chancelier à l'issue d'un entretien avec M. Morawiecki, le premier depuis la mise en place du gouvernement conservateur de Droit et Justice (PIS) en Pologne il y a trois mois.

"Mais pour l'Allemagne, ce projet reste purement économique. (...) Nous sommes pour la diversification des sources d'approvisionnement en gaz et ce sont les sociétés et le marché allemands qui décident d'où il provient", a souligné M. Gabriel.

Le projet annoncé début septembre reste une importante pomme de discorde entre les deux pays.

"Le maintien du fonctionnement des voies de transport de gaz est une affaire clé" pour la Pologne, a de son côté déclaré le ministre Morawiecki. "Nous avons un problème dans la situation dans laquelle, alors qu'en Ukraine la guerre se poursuit, notre plus grand partenaire économique et commercial (l'Allemagne, NDLR) envisage d'augmenter la capacité de transport du Nord Stream en construisant le Nord Stream 2".

"On s'inquiète un peu de la sécurité non seulement géopolitique mais aussi gazière de la Pologne, sachant que l'agrandissement des infrastructures souterraines de stockage de gaz Katharina est en cours", a-t-il ajouté. "Katharina aura la priorité" par rapport au pompage de gaz renvoyé d'Allemagne vers la Pologne via la station de pompage de Mallnow (est de l'Allemagne), a-t-il ajouté.

Les infrastructures de Katharina, qui ont actuellement une capacité de stockage de 110 millions de mètres cubes, devraient atteindre d'ici 2024 une capacité de 600 millions de mètres cubes.

Le géant gazier russe Gazprom avait annoncé début septembre un pacte d'actionnaires avec les groupes allemands BASF et E.ON, le français Engie, l'autrichien OMV et l'anglo-néerlandais Shell pour travailler sur le projet Nord Stream 2, qui vise à augmenter les livraisons de gaz russe vers l'Union européenne.

mc/via/mct

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