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29/01/2016 12:37 EST | Actualisé 29/01/2017 00:12 EST

Amnistie internationale évoque l'existence de fosses communes au Burundi

Amnistie internationale, s'appuyant sur des images satellitaires, de la vidéo et des récits de témoins, évoque l'existence possible de cinq fosses communes à proximité de Bujumbura, la capitale du Burundi.

Dans un rapport publié vendredi, Amnistie précise que les gens enterrés dans ces charniers auraient été tués en décembre dernier, prétendument par les forces de sécurité burundaises.

Des témoins, cités par Amnistie internationale, rapportent que la police et des représentants des autorités locales avaient ratissé les environs de Bujumbura dans le but d'en retirer les corps de ceux qui avaient été tués, les emmenant à des endroits qu'ils ont refusé de dévoiler.

Des témoins affirment aussi que les fosses communes ont été creusées dans l'après-midi du 11 décembre dernier, journée qui s'était avérée des plus sanglantes. Le lendemain, en effet, des habitants de la capitale burundaise avaient fait la macabre découverte d'une quarantaine de corps dans les rues de quartiers réputés pour leur opposition au président Pierre Nkurunziza.

De nombreux signaux d'alarme

Il y a deux semaines, le haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al-Hussein, avait réclamé une enquête urgente sur « l'existence possible d'au moins neuf charniers » qui contiendraient les corps d'au moins 100 personnes tuées le 11 décembre. « Tous les signaux d'alarme, y compris celui d'une dimension de plus en plus ethnique de la crise, sont en train de virer au rouge », avait alors déclaré le haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU.

Vendredi, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Samantha Power, a affirmé que « ceux qui ont perpétré des atrocités au Burundi doivent prendre conscience que la communauté internationale les surveille et que les responsables de ces horreurs seront appelés à rendre des comptes ».

Le gouvernement burundais nie ces allégations et affirme qu'elles sont basées sur de la fausse information provenant des opposants au régime.

Deux journalistes libérés au lendemain de leur arrestation

Par ailleurs, toujours au Burundi, les journalistes Jean-Philippe Rémy et Phil Moore, respectivement français et britannique, ont été libérés vendredi sans inculpation. Envoyés spéciaux du journal Le Monde, ils Ils avaient été interpelés par les services de sécurité burundais lors d'une descente dans un quartier de la capitale réputé pour être opposé au président Pierre Nkurunziza. 

Un collectif de journalistes burundais, SOS Medias Burundi, affirme que les accréditations des journalistes leur ont été retirées. Le Monde rapporte aussi que leur matériel a été confisqué, ce qui fait craindre pour la sécurité de leurs sources dans un contexte de répression généralisée. 

Le Burundi s'enfonce dans la violence depuis que le président Nkurunziza a décidé en avril dernier de briguer un troisième mandat, qu'il avait finalement remporté en juillet. Des opposants l'accusent de violer la Constitution et les accords d'Arusha qui avaient mis fin, en 2006, à une guerre civile qui a duré 13 ans et coûté la vie à 300 000 personnes. Pierre Nkurunziza était alors le chef d'une milice hutue.