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28/01/2016 09:05 EST | Actualisé 28/01/2016 09:05 EST

«Là où Atilla passe»: un Québécois à tête de Turc

Atilla est un garçon solitaire qui cherche dans ses origines turques la réponse à ses angoisses existentielles. Plus qu’une œuvre sur le déracinement culturel, le réussi deuxième long métrage de Onur Karaman est surtout une réflexion touchante sur la solitude. Le réalisateur et scénariste s’est confié au Huffington Post Québec.

Il a voulu faire ce film pour faire ses adieux. À qui? À quoi? «À mon passé, répond Onur Karaman en entrevue. J’ai beaucoup déménagé dans ma jeunesse. Comme ingénieur civil, mon père emmenait vivre sa famille en Algérie, en Turquie ou au Canada. Des adieux, j’en ai fait beaucoup ou pas assez.»

Car il se souvient de son grand-père, mort aujourd’hui, mais à qui il n’a pas pu dire au revoir à temps. «Ce film, c’est l’occasion de lui faire mes adieux à lui aussi, afin de retrouver une certaine paix. La vie nous oblige à faire des adieux qu’on ne voudrait pas toujours faire. Si on n’accepte pas cela, alors on finit par être écrasé.»

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Trouver le bonheur

Là où Atilla passe met en scène des personnages à la dérive. Il y a bien sûr le jeune Atilla, interprété avec sensibilité par Émile Schneider. Ses parents adoptifs (Julie Deslauriers et Roy Dupuis) vivent à leur tour des moments difficiles. «Il y a un peu de moi dans tout ce beau monde, ajoute Onur Karaman. J’aime l’idée que chacun d’entre eux tente de sortir du regard de l’autre dans lequel ils se croient piégés.»

Arrivé au Québec à l’âge de huit ans, le réalisateur a l'habitude de baigner dans plusieurs cultures. Se considérant appartenir à deux pays à la fois, il a vécu adolescent plusieurs interrogations, à l’image de son personnage principal Atilla.

«J’ai longtemps erré dans le vide par rapport à toutes ces questions. Au fond, c’est quoi appartenir à une culture? Je me suis tout le temps cru Québécois et Turc, jusqu’à ce que je rencontre des étudiants turcs en visite au Canada. J’étais si différent d’eux.»

Onur Karaman avait déjà abordé le sujet du multiculturalisme dans son premier film La ferme des humains. Son nouvel opus, Là où Atilla passe, aborde des thèmes similaires, mais sous le regard exclusif d’un jeune homme plutôt perdu.

«Attila se considère comme un Québécois. Mais comme il a été adopté dans des conditions difficiles, ses souvenirs surgissent comme des cauchemars sur lesquels il ne peut donner aucune explication. C’était l’opportunité de réaliser un film sur la solitude. Qu’importe ses origines, tout cela n’a plus vraiment d’importance lorsqu’il réalise que le bonheur, il ne peut le trouver qu’à l’intérieur de lui-même, ne plus dépendre des autres pour s’accomplir.»

Là où Atilla passe – K-Films Amérique – Drame – 90 minutes – Sortie en salles le 29 janvier 2016 – Canada, Québec.

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