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27/01/2016 01:57 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Washington critique la visite du président taïwanais sur une île disputée de mer de Chine méridionale

Les Etats-Unis ont sévèrement critiqué la décision du président taïwanais Ma Ying-jeou de se rendre jeudi pour la première fois dans une île disputée de mer de Chine méridionale, au moment où les tensions s'aggravent avec Pékin dans la région.

Taiping est l'île principale de l'archipel des Spratleys, revendiqué notamment pour tout ou partie par la Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei.

Taiping est revendiquée et administrée par Taïwan, laquelle vit un destin séparé de celui de la Chine depuis 1949, lorsque les nationalistes s'y étaient enfuis après avoir perdu la guerre civile face aux communistes.

"Nous sommes déçus que le président Ma Ying-jeou veuille se rendre sur l'île de Taiping", a déclaré mercredi Sonia Urbom, porte-parole de l'Institut américain de Taiwan, ambassade de facto des Etats-Unis.

"Une telle décision est extrêmement nuisible et ne contribue pas à la résolution pacifique des différends en mer de Chine méridionale", a-t-elle dit.

Washington, le principal allié de Taïwan à qui il fournit des armements, a répété à de multiples reprises qu'il ne voulait pas d'escalade des tensions dans la zone.

Taïwan a expliqué qu'il voulait réaffirmer sa souveraineté sur Taiping.

"L'île de Taiping fait partie intégrante du territoire de la République de Chine", a déclaré Charles Chen, porte-parole de la présidence taïwanaise, utilisant le nom officiel de Taïwan.

Il s'agit de rendre visite au personnel qui y est déployé, avant les vacances du Nouvel An chinois, début février, a-t-il ajouté.

La dernière visite à Taiping d'un président taïwanais était celle de Chen Shui-bian en 2008.

M. Ma, qui mène une politique de rapprochement avec la Chine, a perdu l'élection présidentielle du 16 janvier et devra céder la place dans moins de quatre mois à Tsai Ing-wen, du Parti démocratique progressiste (PDP), beaucoup plus méfiant envers Pékin.

Mme Tsai a été invitée par la présidence à participer à la visite mais le PDP n'a pas donné suite.

Taïwan renforce sa présence à Taiping, dont elle a agrandi l'année dernière la piste d'atterrissage et une digue.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale et a construit des îles artificielles, avec des pistes pouvant potentiellement accueillir des avions militaires.

Les Philippines et le Vietnam en particulier accusent la Chine d'avoir un comportement de plus en plus agressif dans la région.

La Chine considère aussi Taïwan comme une partie intégrante de son territoire qu'elle peut récupérer par la force le cas échéant.

La marine taïwanaise a de son côté effectué mercredi, pour le second et dernier jour, des manoeuvres au large de Tsoying, dans le sud de l'île.

Ces exercices ont notamment impliqué le débarquement d'hommes-grenouilles sur une plage de Kinmen, une île contrôlée par Taïwan, à quelques kilomètres seulement des côtes chinoises.

"A l'approche du Nouvel An, nos citoyens peuvent se sentir en sécurité car nous sommes en mesure de maintenir la paix sur le Détroit de Formose", a déclaré à l'AFP le contre-amiral Tsai Hung-tu.

L'armée taïwanaise effectue chaque année des manoeuvres avant le Nouvel An chinois.

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