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27/01/2016 14:04 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

USA: les erreurs médicales commises par une poignée de spécialistes

Près d'un tiers des erreurs médicales commises aux Etats-Unis ces dix dernières années sont le fait surtout d'un nombre infime de médecins, surtout des hommes, issus d'une poignée de spécialités, révèle une recherche.

Environ 1% des cliniciens, pour la plupart des spécialistes, ont été l'objet de 32% des plaintes sur cette période, selon l'étude parue mercredi dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Le risque varie selon la spécialité mais il est plus élevé en neurochirurgie, orthopédie, chirurgie générale et esthétique ainsi qu'en gynécologie obstétrique.

Il s'agit surtout d'hommes jeunes, car les cliniciens masculins ont 40% plus de risque de commettre une nouvelle erreur que leurs collègues femmes. Cette probabilité est plus de 35% plus élevée chez les médecins hommes de moins de 35 ans, comparativement aux plus âgés.

Les auteurs de l'étude ont épluché 66.426 plaintes engagées contre 54.099 médecins de différentes spécialités entre 2005 et 2014 et ayant résulté dans le versement de dédommagements.

"Le fait que ces médecins récidivistes paraissent très différents de leurs confrères en termes de spécialité, d'âge, de sexe et de plusieurs autres traits, a été la conclusion la plus intéressante de cette recherche", souligne le Dr David Studdert, professeur de médecine et de droit à l'Université Stanford en Californie, principal auteur de l'étude.

"Cela suggère qu'il pourrait être possible d'identifier des médecins à haut risque avant qu'ils n'accumulent des erreurs médicales", estime-t-il.

"Le degré de concentration de ces fautes parmi un petit groupe de médecins est vraiment frappant", poursuit le professeur Studdert.

Près d'un tiers des plaintes concernaient le décès d'un patient et 54% des séquelles physiques graves.

- Recenser les erreurs -

Seuls 3% de ces plaintes ont donné lieu à un procès et le restant à un règlement à l'amiable. Le montant des dédommagements s'est élevé en moyenne à 371.000 dollars.

"La concentration des erreurs médicales parmi un petit groupe de médecins est plus importante que dans les études précédentes", note la Dr Michelle Mello, professeur de droit à l'Université Stanford et co-auteure des travaux.

Cette différence s'explique par le fait que l'étude de mercredi porte sur des données nationales tandis que les recherches précédentes étaient basées sur des statistiques de groupes d'assurance ou de quelques Etats.

De plus, les précédentes études datent de plus de 25 ans et il est possible que la fréquence des erreurs médicales soient plus élevée ces dernières années, supputent-ils.

Les auteurs recommandent que tous les hôpitaux et cliniques qui enregistrent un grand nombre de plaintes de malades mettent en place un système pour recenser les erreurs médicales parmi leurs équipes de médecins et de chirurgiens.

Or, "selon notre expérience, peu d'établissements le font (...) et prennent des mesures à l'encontre de médecins présentant un risque élevé de commettre de nouvelles erreurs", écrivent ces chercheurs.

L'indice le plus important pour prédire la probabilité d'une erreur est le nombre de plaintes dont a fait l'objet un médecin.

Un clinicien qui a été la cible de deux plaintes présente deux fois plus de risques de commettre une autre erreur médicale comparativement à celui qui a été l'objet d'une seule action. Ce risque est multiplié par douze pour ceux ayant déjà été visés par six actions.

Le risque d'erreur médicale entraînant une plainte est le plus faible parmi les psychiatres et les pédiatres.

js/are