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27/01/2016 08:16 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Syrie: Damas ignore 75% des demandes de l'ONU pour l'aide humanitaire

Un haut responsable de l'ONU a dénoncé mercredi les obstacles mis par le gouvernement syrien à la livraison de l'aide humanitaire, estimant son attitude "inacceptable de la part d'un membre des Nations unies signataire de la Charte de l'ONU".

Selon le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien, "le gouvernement syrien n'a pas répondu à près de 75% des demandes" d'autorisation pour des convois humanitaires inter-agences.

En 2015, a-t-il détaillé devant le Conseil de sécurité, un peu plus de 10% des 113 demandes déposées ont été acceptées; 10% supplémentaires ont reçu un accord de principe mais n'ont finalement pas été acceptés. L'ONU a aussi dû renoncer à certaines opérations pour des raisons de sécurité.

La situation est particulièrement grave pour les zones difficiles d'accès ou soumises à un siège par les belligérants, a souligné M. O'Brien.

L'ONU a ainsi demandé au gouvernement à pouvoir accéder à 46 zones assiégées ou inaccessibles pendant le premier trimestre de 2016 mais n'a pas reçu à ce jour toutes les autorisations nécessaires pour aucune de ces opérations.

Si ces convois pouvaient circuler ils permettraient de secourir 1,7 million de civils, a expliqué M. O'Brien.

En tout, a expliqué M. O'Brien, 4,6 millions de Syriens vivent dans des zones difficiles d'accès et 486.700 d'entre eux sont assiégés par les forces gouvernementales (274.200) ou des groupes rebelles (12.500) ou encore par le groupe Etat islamique (200.000).

En raison des obstacles mis par les belligérants, l'ONU n'a pu secourir l'an dernier que moins de 10% des civils difficiles à atteindre, et 1% seulement des Syriens assiégés.

M. O'Brien a en particulier réclamé une aide médicale plus importante pour la population de la ville rebelle de Madaya, près de Damas, que les agences humanitaires ont pu secourir il y a deux semaines.

"Nous avons besoin d'urgence de faire entrer davantage de fournitures et d'équipes médicales à Madaya", a-t-il plaidé. Les demandes faites en ce sens auprès du gouvernement syrien "doivent être approuvées sans retard ni obstacle".

La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) Ertharin Cousin a rappelé au Conseil que "plus de la moitié des zones assiégées le sont depuis trois ans, un laps de temps scandaleux".

Il s'agit de régions rurales autour de Damas où le prix des denrées alimentaires est désormais le double ou le triple de la capitale.

L'une ces localités "est à 15 minutes en voiture du bureau du PAM à Damas et pourtant nous ne pouvons pas les aider", a-t-elle déploré.

avz/bdx