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27/01/2016 10:14 EST | Actualisé 10/02/2016 03:54 EST

EN ÉCOUTE - Simon Kingsbury: «Pêcher rien» (ou de la sacrée bonne musique)

Courtoisie Six Media

Si le premier album de Simon Kingsbury, Pêcher rien, flirte joliment avec la mélancolie, l'artiste pète plutôt le feu au téléphone. Le rire facile, l'auteur-compositeur-interprète qui se prépare pour la sortie fixée au 29 janvier semble s'être défoulé à souhait dans ce premier effort, qui s'annonce déjà comme un des albums marquants de 2016. Bonne nouvelle: on vous offre l'écoute intégrale ici, maintenant.

En écoutant Pêcher rien, vous risquez d'être impressionné par la maturité musicale qui s'en dégage et surtout, la voix franche et assurée de l'artiste. Ce n'est pas la chance du débutant: Kingsbury est loin de commencer dans le métier. Celui qui a d'abord été sur scène avec la formation Lac Estion a lancé son premier EP solo en 2011 et participé aux Francouvertes en 2012, laissant une très bonne impression.

Pourquoi avoir attendu près de cinq ans pour sortir un album? La question n'est même pas terminée que Kingsbury éclate de rire: «C'est presque devenu un running gag! Quand j'ai débuté mon projet solo, c'était pour mes tounes plus folk. Des chansons qui ne fittaient pas nécessairement avec Lac Estion. En 2012 et 2013, on a fait des spectacles... J'ai essayé d'écrire, mais ça ne marchait pas du tout. J'ai pris une pause!»

C'est après une rupture et une phase un peu sombre que l'artiste reprend la guitare et la plume. «J'étais dans une drôle de passe... J'étais au Quai des Brumes tous les soirs, c'était ridicule. Je ne voulais rien savoir. J'ai vraiment eu deux années de merde et j'ai eu besoin d'en parler. J'ai même failli quitter Montréal. Quand je suis heureux, ce que j'écris est vraiment dull. Mais là déprimé, seul chez moi, j'ai pris la guitare.»

Un album réalisé par George Donoso III, dont la dernière note a été enregistrée en février 2015. «On ne voulait pas sortir ça au printemps, puisque ce n'est pas nécessairement un album hop la vie. On visait l'automne 2015, mais j'ai été malade cet été... Donc naturellement, on a décidé de lancer l'album au début de 2016.»

Bien vu, puisque ça a donné un magnifique opus folk d'introspection, de douce déprime... et même un brin égoïste, selon les propres mots de Kingsbury: «Égoïste dans le sens que je ne suis pas une personne engagée. Je ne parle pas de l'actualité: j'aborde plus mes feelings. Pêcher rien, c'était vraiment pour me défouler. D'ailleurs, certaines personnes pourront peut-être s'attacher à ça. Quand je l'écoute, cet album me fait carrément du bien! (Rires)»

Tellement, que Kingsbury est officiellement sorti de sa période page blanche. «Quand on a fini Pêcher rien, j'étais tellement fier! Ça m'a redonné un boost. C'était le coup de pied au cul qu'il me fallait!» Album terminé, cul botté, l'artiste est déjà en train d'écrire pour son deuxième album alors qu'il se prépare à lancer son premier effort le 29 janvier à 20h sur la scène du Quai des Brumes. La boucle est bouclée? L'histoire ne fait que commencer, plutôt.

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