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27/01/2016 04:10 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Prix de la création Radio-Canada - Écrire sur soi : 10 choses à savoir avant de vous lancer

Écrire sur soi peut être une catharsis, mais raconter son histoire est aussi un exercice d'humilité : après tout, on se met à nu devant un lecteur inconnu. Nous avons posé la question suivante aux finalistes et à la lauréate du Prix du récit Radio-Canada 2015 : quand on raconte une histoire vécue, où tracer la frontière entre quoi dire et quoi taire? Verdict.

1. Nous écrivons à partir de notre vécu. Ce n'est pas vraiment un choix. Même ce que nous inventons est lié à notre existence. (Simon Brousseau)

2. Je crois que nous devons nous autoriser à essayer de tout écrire. Évidemment, il y a toutes sortes de choses qui nous en empêchent, mais en cherchant à toucher l'essentiel, nous nous donnons une chance d'écrire quelque chose de juste. Par contre, les détails de la vie intime peuvent rapidement devenir sans intérêt. Il faut être vigilant, résister à la tentation de la complaisance. (Simon Brousseau)

3. Mon histoire personnelle prend une grande place dans mon écriture, mais je ne m'en rends compte qu'a posteriori. Même dans mes livres de fiction, mes personnages sont autant de facettes de ma personnalité. (Martine Noël Maw)

4. La frontière n'est pas fixe entre quoi dire, quoi maquiller et quoi taire. Elle est mouvante, selon les protagonistes : Sont-ils encore de ce monde? Quel est notre niveau d'intimité? Je ne voudrais heurter aucune sensibilité. (Martine Noël Maw)

5. Mon objectif n'est pas de parler de moi - c'est sans intérêt -, mais plutôt de tenter de raconter l'expérience humaine dans tout ce qu'elle porte d'ombre et de lumière. (Natalie Laguë)

6. Comment accéder à l'universalité et à l'authenticité de l'expérience humaine tout en respectant l'intimité de l'autre? Pas simple. Sans doute en laissant parler la langue du cœur. (Natalie Laguë)

7. J'aime décrire et explorer les sentiments, les forces et les vulnérabilités. J'enrobe les douleurs d'humour, de dédramatisation et parfois d'autodérision. (Anne de Rome)

8. J'ai reçu beaucoup d'amour. Avec le temps, j'ai décidé que régler ses comptes doit se faire dans le respect, la dignité et la connaissance de la réalité de vie de ceux dont on parle. Je ne réussis pas toujours. Il m'arrive de régler des comptes sur des feuilles blanches qui se mettent à trembler et qui se dirigent vers mon éditeur personnel, ma déchiqueteuse. (Anne de Rome)

9. Un fait vécu, un mot attrapé quelque part, le quotidien, mes enfants, une promenade en forêt, mon travail, un fait divers dans le journal; tout peut être source d'étincelle. (Chantal Garand)

10. S'inspirer d'une histoire vécue n'est que l'étincelle qui incite à commencer l'écriture et qui nous encourage à persévérer dans les passages plus difficiles à écrire. (Chantal Garand)

Originaire de Québec, Simon Brousseau vit à Montréal et poursuit maintenant des études postdoctorales à l'Université de Toronto. Son premier livre de fiction, Cinq secondes dans ta tête, une suite de fragments narratifs où l'on plonge dans les mémoires d'une multitude humaine soudée par l'expérience à la fois douloureuse et exaltante de n'avoir qu'une vie à soi, paraîtra aux éditions Le Cheval d'août en 2016. En 2015, il a été finaliste pour le Prix du récit Radio-Canada pour Le singe joyeux dans la tapisserie

Originaire de Sorel, Natalie Laguë vit à Montréal, où elle supervise les services linguistiques d'un cabinet d'expertise comptable de services-conseils. En 2015, elle a été finaliste pour le Prix du récit Radio-Canada pour ÇA.

Originaire de Rouyn-Noranda, en Abitibi, Martine Noël-Maw vit à Regina, en Saskatchewan, depuis 1993. Elle a été tour à tour coiffeuse, mannequin, puis conseillère en communication et en ressources humaines. À l'approche de la quarantaine, elle a décidé de se consacrer à sa passion première : l'écriture. Depuis, elle a publié une douzaine d'ouvrages pour adultes et pour les jeunes, en plus d'écrire pour le théâtre. En 2015, elle a été finaliste pour le Prix du récit Radio-Canada pour Elle s'appelait Anica Zovak

Originaire de l'île d'Orléans, Anne De Rome est une infirmière à la retraite qui s'adonne désormais à l'écriture. En 2015, elle a été finaliste pour le Prix du récit Radio-Canada pour Go, go, go!.

Originaire de Victoriaville, Chantal Garand vit en Norvège depuis 2003, où elle travaille à l'intégration des réfugiés à la société norvégienne. En 2015, elle a remporté le Prix du récit Radio-Canada pour Un hibou, un Égyptien et l'étrangère.