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27/01/2016 01:06 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Open d'Australie - Johanna Konta fait rager l'Australie

Pour la première fois depuis plus de trente ans, il y aura une joueuse née en Australie dans le dernier carré à Melbourne, mais pas encore d'Australienne pour autant: Johanna Konta, l'invitée-surprise, a vu le jour à Sydney mais a opté pour la Grande-Bretagne en 2012.

Jusqu'à ces dernières semaines, ce changement d'allégeance n'avait pas intéressé grand monde. Konta, 24 ans, naviguait au-delà de la 150e place à la WTA et personne ne s'était vraiment penché sur son parcours, ni d'un côté du globe ni de l'autre.

Puis Konta a montré le bout de son nez au dernier US Open, en se qualifiant pour les huitièmes de finale, signe avant-coureur de son premier coup d'éclat à l'Open d'Australie, une victoire sur Venus Williams, tête de série N.8, au premier tour. L'Australie, vieux pays de tennis à la poursuite de son glorieux passé, s'est alors demandé pourquoi elle avait choisi l'Union Jack.

"Je suis partie pour l'académie des Sanchez, à Barcelone. Comme je n'avais que 14 ans, mes parents ne voulaient pas rester à l'autre bout de la planète. Ils se sont sacrifiés pour moi. Comme nous avons aussi des passeports hongrois, c'est-à-dire européens, mes parents se sont installés en Grande-Bretagne. Au bout d'un moment, je ne me plaisais plus en Espagne, je suis donc allée les rejoindre", a expliqué Konta.

C'est ainsi que la famille s'est fixée à Eastbourne, une station balnéaire du sud de l'Angleterre, bien connue pour son tournoi de tennis sur gazon.

- "Mon coeur est là-bas" -

Un retour dans l'hémisphère austral est-il envisageable ? "Non, désolée, c'est en Grande-Bretagne que je me sens chez moi. C'est le cas depuis plus dix ans. Mon coeur est là-bas", a déclaré la joueuse, qui n'a pas en anglais l'accent caractéristique des Australiens.

Konta, 47e mondiale, est donc la première Britannique en demi-finale d'un Grand Chelem depuis Jo Durie, à l'US Open en 1983. Favorisée par un bon tableau après son succès sur Venus -- son adversaire en quarts de finale, la Chinoise Zhang Shuai, n'était que 133e mondiale --, elle devra réussir un deuxième exploit pour atteindre la finale aux dépens de l'Allemande Angelique Kerber (6e).

Quel que soit le résultat, cette bonne serveuse au solide jeu de fond de court n'en fera pas une maladie, elle qui explique ses récents progrès par un plus grand détachement. "Si on vit tous les matches à la vie à la mort, l'existence sur le circuit est très dure. J'ai appris à prendre du plaisir en jouant", dit-elle.

L'Australie devra encore attendre pour voir une de ses joueuses succéder à Wendy Turnbull, la dernière à s'être hissée dans le dernier carré à Melbourne, en 1984. Le pays, qui vient de dire au revoir à son dernier vainqueur en Grand Chelem, Lleyton Hewitt, continuera de célébrer ses champions du passé, Rod Laver ou Margaret Court, dont les deux courts principaux de l'Open d'Australie portent les noms, et à soupirer en se rappelant que Roger Federer avait été tout près de s'installer "down under", à l'âge de treize ans, avant que son père y renonce.

fbx/chc