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26/01/2016 23:52 EST | Actualisé 26/01/2017 00:12 EST

Négociations sur la Syrie: au moins 3 problèmes demeurent (Fabius)

Au moins trois problèmes demeurent concernant les négociations intersyriennes qui doivent débuter vendredi à Genève, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius: "Qui participe vraiment, qu'est-ce qui est fait sur le plan humanitaire, et de quoi va-t-on parler ?"

"La position de la France, même si nous ne sommes pas directement dans la négociation - nous l'entourons - c'est oui à la négociation, parce qu'il faut bien trouver une solution politique. Et en même temps, il y a des précisions à apporter sur toutes les questions (...), c'est-à-dire: Qui participe vraiment ? Qu'est-ce qui est fait sur le plan humanitaire ? Et de quoi va-t-on parler ?" a déclaré M. Fabius à la radio France Culture.

Concernant les participants à ces négociations, outre le gouvernement syrien, il y a, côté opposition, "un groupe qui s'appelle le groupe de Ryad, qui est représentatif, et c'est lui qui doit être le négociateur, et c'est ce qui m'a été confirmé par M. de Mistura (l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Steffan de Mistura), même si il peut y avoir d'autres personnes", a ajouté M. Fabius.

Les principaux groupes de l'opposition armée et politique syrienne se sont mis d'accord en décembre à Ryad sur une plateforme et la constitution d'une délégation, qui exclut le PYD, principal parti kurde syrien, accusé de complaisance avec le régime de Damas mais qui lutte activement contre les jihadistes de l'Etat islamique.

La date d'ouverture des discussions intersyriennes était prévue pour le 25 janvier, mais a dû être reportée au 29, en raison d'un "blocage", selon M. de Mistura, sur la composition des délégations.

"La deuxième question c'est qu'en ce moment même, il y a des bombardements, des villes qui sont affamées. Il est évident que la négociation est très difficile, donc il y a cette situation humanitaire", a développé M. Fabius.

"La troisième question est de quoi va-t-on discuter ? Nous, nous pensons qu'il faut discuter de tout, en particulier de ce qu'on appelle la transition politique" a-t-il dit.

"Comment arriver à une Syrie libre, indépendante, qui ait l'intégrité de son territoire, où chacun, quelle que soit sa religion, puisse vivre en paix ? Si on veut arriver à ça, la position constante de la France est de dire qu'il faut une transition politique, et on ne voit pas, à la fois pour des raisons morales et pour des questions d'efficacité, comment M. Bachar al-Assad (le président syrien), qui est le principal responsable de 260.000 morts (...), pourrait incarner l'avenir de la Syrie", a-t-il ajouté.

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