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26/01/2016 23:10 EST | Actualisé 26/01/2017 00:12 EST

Manipulations de comptes: Toshiba veut décupler le montant réclamé à 5 ex-dirigeants

Le groupe japonais Toshiba a annoncé mercredi son intention de réclamer non plus 300 millions de yens, mais 3,2 milliards (25 millions d'euros) à ses cinq ex-dirigeants accusés d'avoir manipulé les comptes durant des années, laissant l'entreprise en mauvaise posture.

Toshiba explique avoir dû payer des factures auprès d'un cabinet de commissaires aux comptes pour faire rectifier les résultats antérieurs falsifiés.

Le groupe est en outre menacé d'une amende de 7,37 milliards de yens préconisée par le gendarme des transactions boursières, une recommandation qui s'appuie sur les conclusions de l'enquête qui a mis en cause cinq ex-dirigeants (3 PDG successifs, 2 directeurs financiers) pour des falsifications comptables effectuées au sein du groupe entre 2008 et 2014.

"Il s'agit de nouveaux dommages causés à l'entreprise par ces cinq personnes", a expliqué Toshiba qui, en conséquence, a décidé d'étendre, proportionnellement aux responsabilités reconnues, le montant des compensations exigées.

Toshiba avait décidé en novembre de poursuivre en justice trois ex-PDG (Atsutoshi Nishida, Norio Sasaki et Hisao Tanaka) ainsi que deux ex-directeurs financiers (Fumio Muraoka et Makoto Kubo) et de leur réclamer la somme totale de 300 millions de yens.

Le groupe avait justifié cette action par les conclusions d'un rapport indépendant, rédigé à sa demande, les accusant nommément d'avoir été "négligents" et d'avoir "enfreint leur devoir".

Toshiba avait alors prévenu que la somme pourrait être augmentée si d'autres dommages étaient ultérieurement constatés, ce qui s'avère être le cas.

Concrètement, il est reproché aux cinq ex-dirigeants d'avoir fait procéder à des transactions financières pour couvrir des pertes, d'avoir falsifié des enregistrements de provisions comptables ou de valeur de stocks ou d'avoir différé des enregistrements de dépenses, le tout pour enjoliver les chiffres.

Toshiba a indiqué que le résultat net sur l'ensemble des années concernées (2008 à 2014) avait été surévalué de 155,2 milliards de yens (1,1 milliard d'euros), et de 224,8 milliards de yens sur le solde avant impôts.

Depuis, la nouvelle direction du groupe essaie de faire oublier le scandale et d'assainir les activités qui ont été faussement présentées comme étant en bonne santé. Le groupe a décidé de se séparer de plusieurs divisions ou de trouver des partenaires pour les remettre sur pied.

kap/anb/ros

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