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27/01/2016 07:39 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Lituanie : procès de 65 responsables présumés du coup de force soviétique de 1991 contre les indépendantistes

Le procès de 65 anciens responsables présumés du sanglant coup de force ordonné par Moscou il y a un quart de siècle contre l'élan indépendantiste en Lituanie, pays balte à l'époque intégré à l'URSS, s'est ouvert mercredi à Vilnius.

"Toutes ces personnes sont accusées de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre", a déclaré à la presse Daiva Lisauskiene, l'un des cinq procureurs chargés du dossier. Etant donné la nature des charges retenues, les faits, à savoir les tirs de l'armée soviétique qui ont fait 14 morts dans la capitale lituanienne en janvier 1991, ne sont pas prescrits.

Seuls deux accusés, Guennadi Ivanov et Iouri Mel, qui a été arrêté en 2014 en Lituanie, comparaissent à Vilnius. Les autres, représentés par une soixantaine d'avocats, sont jugés par contumace.

Les procureurs lituaniens ont voulu aussi interroger en qualité de témoin l'ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev, mais Moscou a refusé de coopérer.

Les accusés, tous des ressortissants russes, biélorusses ou ukrainiens, alors haut placés dans la hiérarchie soviétique, avaient participé d'une manière ou d'une autre à l'attaque de la tour de la télévision et du siège de la radio-télévision lituanienne dans la nuit du 12 au 13 janvier, quand des milliers de Lituaniens protégeaient leur Parlement, tel un bouclier humain.

Un premier jugement dans cette affaire avait été rendu en 1999. Six personnes avaient alors été condamnées, dont l'ex-chef du parti communiste lituanien Mykolas Burokevicius qui s'était vu infliger 12 ans de prison.

Mais un amendement voté en 2010 par le Parlement lituanien et autorisant de procéder à un jugement par contumace a permis l'ouverture d'une nouvelle enquête et l'organisation d'un nouveau procès.

Pour Vytautas Landsbergis, le père de l'indépendance lituanienne, "c'est une avancée partielle en direction de la justice. Cette affaire doit être jugée, car les accusés doivent savoir s'ils sont reconnus coupables ou acquittés".

"Quant aux personnes condamnées, car certainement il y en aura, elles continueront d'être protégées par le pouvoir russe actuel" a-t-il expliqué à l'AFP.

La Lituanie, qui avait proclamé en 1990 son indépendance, devenue effective à l'été 1991, entretient depuis son adhésion à l'Otan et à l'UE en 2004 des relations tendues avec la Russie. Celles-ci se sont encore détériorées après l'annexion de la Crimée en 2014 et le soutien russe aux séparatistes dans l'Est de Ukraine.

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