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27/01/2016 01:41 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Le conservateur Trong réélu à la tête du Parti communiste

Le conservateur Nguyen Phu Trong a été réélu mercredi à la tête du Parti communiste vietnamien, une victoire de la vieille garde qui pourrait augurer d'un ralentissement des réformes économiques dans ce pays en plein essor.

De vifs combats entre factions ont dominé pendant une semaine les travaux à huis clos du 12e Congrès du Parti.

Ils ont finalement permis à Trong, 72 ans, qui passe pour un apparatchik conservateur proche de Pékin, de conserver face à son rival -le Premier ministre réformateur Nguyen Tan Dung- le poste de secrétaire général qu'il occupe depuis 2011.

Dung, 66 ans, devrait rester à la tête du gouvernement le temps que l'Assemblée nationale désigne son successeur. Des médias nationaux ont cité pour le remplacer le nom du vice-Premier ministre Nguyen Xuan Phuc.

"Les délégués à la première réunion du comité central du parti félicitent le camarade Nguyen Phu Trong qui a été élu secrétaire général", rapporte l'agence officielle vietnamienne VNA.

Premier ministre depuis 2006, Nguyen Tan Dung, considéré comme pro-occidental, a supervisé l'adhésion du Vietnam à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et plus récemment la participation du pays au Partenariat Trans-Pacifique (TPP), sous l'égide des Etats-Unis.

Dung était clairement le candidat préféré des investisseurs étrangers désireux d'élargir leur accès au marché immense que représente le pays à la très jeune population de 90 millions d'habitants et à l'économie en pleine croissance.

Charismatique, il est une des rares personnalités politiques vietnamiennes "célèbres", a déclaré à l'AFP Jonathan London, spécialiste du Vietnam à la City University de Hong Kong.

Bien que son bilan fasse débat, il est incontestablement un leader qui avait "une vision" pour le Vietnam, a ajouté M. London, qui explique que son départ annoncé de la scène politique vietnamienne augure nécessairement d'un retour à un style de gouvernance plus modéré.

Néanmoins, la réélection de Trong ne devrait pas provoquer de virage radical de la politique du Vietnam sur des questions clés comme le différend maritime avec Pékin en mer de Chine méridionale ou l'engagement du pays au sein du TPP.

L'ensemble du Politburo -dont les 19 membres étaient réélus mercredi- est engagé dans les réformes et le changement de direction est surtout une question de "style", selon l'économiste Bui Kien Thanh.

"Je ne vois pas la machine revenir en arrière", a-t-il dit à l'AFP, en réponse à ceux qui redoutent que le départ de Dung ne conduise à un arrêt des réformes.

Le Vietnam a affiché en 2015 une croissance de près de 7%, l'une des plus fortes du continent, et a enregistré des montants record d'investissements étrangers.

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