NOUVELLES
27/01/2016 01:36 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

La Suisse exige la libération sans condition de Béatrice Stockly enlevée au Mali

La Suisse a exigé mercredi la libération "sans condition" de sa ressortissante Béatrice Stockly enlevée début janvier au Mali, qui serait aux mains d'une branche d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

L'agence privée mauritanienne Al-Akhbar a annoncé avoir reçu une vidéo de "l'Emirat du Sahara", une branche d'Aqmi, qui affirme avoir enlevé Béatrice Stockly à Tombouctou (nord du Mali), dans la nuit du 7 au 8 janvier.

Un porte-parole du ministère suisse des Affaires étrangères a indiqué mercredi à l'AFP avoir "connaissance de la vidéo en question".

"La Suisse demande la libération sans condition de la personne enlevée", a-t-il ajouté, en refusant de dire s'il y avait eu une demande de rançon.

D'après l'agence mauritanienne, en contrepartie de la libération de l'otage, le groupe jihadiste exige "la remise en liberté d'un certain nombre de ses combattants en prison au Mali et d'un de ses dirigeants, Abou Tourab, détenu à la CPI" (Cour pénale internationale) qui siège à La Haye.

"Nous annonçons notre responsabilité dans l'enlèvement de cette mécréante évangélisatrice qui, par son travail, a réussi à faire sortir de l'islam nombre de fils de musulmans", selon les propos en arabe attribués par l'agence Al-Akhbar à un porte-parole de "l'Emirat du Sahara" s'exprimant dans la vidéo que l'agence n'a pas diffusée et que l'AFP n'a pas pu visionner.

D'après Al-Akhbar, Béatrice Stockly apparaît dans la vidéo, elle y décrit son rapt à Tombouctou et y reconnaît ses activités "d'évangélisation".

Béatrice Stockly, une quadragénaire qui revendique sa foi chrétienne, était très impliquée dans les actions sociales à Tombouctou, où elle avait déjà été enlevée une première fois en 2012.

Grâce à une médiation burkinabè, elle avait été libérée au bout d'une dizaine de jours de captivité par le groupe jihadiste Ansar Dine, qui contrôlait alors Tombouctou. Malgré les mises en garde du gouvernement suisse, elle est retournée s'y installer en janvier 2013, lorsque les jihadistes en ont été chassés et ont été dispersés à la faveur d'une intervention militaire internationale déclenchée à l'initiative de la France.

"Les Moudjahidine l'ont détenue en 2012 avant de la remettre en liberté quelques jours plus tard après qu'elle s'est engagée à ne plus revenir à cette pratique condamnable en terre d'islam", une promesse qu'elle n'a pas respectée, "son sort était alors de retomber aux mains des Moudjahidine", est-il encore écrit dans la légende de la photo diffusée par Al-Akhbar.

Le ministère suisse, qui a mis en place une cellule de crise dès l'enlèvement, a indiqué être en contact avec les proches de Mme Stockly et avec les autorités maliennes.

Il a rappelé que depuis le 1er décembre 2009, les voyages au Mali sont déconseillés aux ressortissants suisses en raison du risque élevé d'enlèvement.

A propos de la décision de la Suissesse de retourner à Tombouctou, le ministère a souligné qu'"après l'épisode de 2012, (il) avait attiré l'attention de cette personne sur les risques élevés qu'elle encourait au Mali (...) et lui avait expressément déconseillé de retourner dans ce pays".

gca/mnb/jhd