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27/01/2016 04:02 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

La ministre française de la Justice démissionne sur fond de querelle

PARIS — La ministre française de la Justice a démissionné de manière inattendue mercredi, en opposition à l'intention du président François Hollande de retirer la nationalité française aux terroristes qui la détiennent.

Christiane Taubira a claqué la porte du gouvernement tout juste avant une rencontre du cabinet et quelques heures avant que le parlement ne discute du projet de loi.

Mme Taubira, une politicienne de gauche bien connue pour sa défense du mariage gai, a lancé sur Twitter: «Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir».

La femme originaire de la Guyane française, dans les Antilles, était une pionnière pour les femmes et les minorités en politique française.

Ses relations étaient tendues avec le premier ministre de centre-gauche Manuel Valls. Elle sera remplacée par Jean-Jacques Urvoas, un parlementaire breton perçu comme un spécialiste des questions de sécurité au sein du Parti socialiste. Il est aussi proche de M. Valls.

Le projet de loi sur la citoyenneté, qui découle des attentats du 13 novembre à Paris, est populaire auprès des conservateurs et de l'extrême-droite, mais divise les socialistes au pouvoir. La plupart des Français appuient le projet, selon des sondages, mais ses adversaires craignent qu'il ne cible injustement les musulmans. Certains l'ont comparé à l'annulation de la citoyenneté des Juifs français pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Des militants français et belges associés au groupe armé État islamique, dont certains étaient d'origine marocaine, ont tué 130 personnes lors des attaques du 13 novembre.