NOUVELLES
27/01/2016 15:03 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

La Celac supervisera la fin du conflit en Colombie et va lutter contre le Zika

La Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (Celac), réunie en sommet mercredi à Quito, s'est dit prête à superviser la fin du conflit armé en Colombie et à définir une stratégie régionale contre le virus Zika.

Le président sortant de la Celac et chef de l'Etat équatorien, Rafael Correa, et son homologue colombien, Juan Manuel Santos, ont annoncé que ce bloc régional était prêt à participer à la mission de l'ONU, qui supervisera le cessez-le-feu et le désarmement de la guérilla des Farc, en rébellion depuis 1964.

M. Correa a estimé que la Celac, qui regroupe 33 pays de la région, a "toute la capacité pour appuyer la vérification du cessez-le-feu et du désarmement en Colombie" après la signature de l'accord de paix, que Bogota entend signer d'ici le 23 mars avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes).

M. Santos a pour sa part souligné que la composition de cette mission d'observation ne dépend "ni de la Colombie, ni des Farc". "Ce sont les Nations Unies qui choisiront en fonction de leur expérience, de leur connaissance et des propositions qu'elles recevront". Il a ajouté que les observateurs pourraient être de "n'importe quel pays membre de la Celac".

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté lundi à l'unanimité une résolution qui établit une "mission politique", composée de représentants des deux parties, ainsi que d'observateurs internationaux chargés de s'assurer du respect du cessez-le-feu et du désarmement des guérilleros.

La perspective de la paix en Colombie, ainsi que la lutte contre le virus Zika, qui touche plusieurs pays de la région, au premier rang desquels le Brésil, ont pris le pas sur le thème de l'éradication de la pauvreté, inscrit à l'agenda officiel de la Celac, dont la République dominicaine a repris la présidence pro tempore lors de ce IVe sommet.

La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a ainsi appelé les pays de la Celac à adopter une "action de coopération dans la lutte contre le virus Zika", et a annoncé une réunion des ministres de la Santé du Mercosur (marché commun sud-américain) mardi prochain à Montevideo.

Mme Rousseff avait assuré la veille que son gouvernement intensifiait ses mesures contre la propagation de la maladie, en la combattant "maison par maison".

Le virus Zika - transmis par le moustique tigre, l'Aedes aegypti, qui peut aussi être porteur de la dengue et du chikungunya - provoque des symptômes grippaux bénins. Mais chez les femmes enceintes, il peut entraîner chez le bébé des malformations congénitales graves, comme la microcéphalie (taille réduite de la boîte crânienne, néfaste au développement intellectuel), voire la mort.

M. Santos a de son côté annoncé que la Celac avait décidé de "réunir tous les ministres de la Santé le plus rapidement possible afin de partager expériences et information".

Il a ajouté qu'il y avait 14.000 cas de Zika répertoriés en Colombie et que les autorités prévoyaient que si le virus continue à se propager au même rythme "il pourrait affecter près de 600.000 personnes".

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Zika, déjà présent dans 21 des 55 pays du continent américain, va continuer à s'étendre, "un sérieux sujet d'inquiétude, étant donné surtout le lien éventuel entre une infection pendant la grossesse et des bébés naissant avec une petite tête", selon sa directrice générale Margaret Chan.

jm/pld/fpp/ka/plh