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27/01/2016 10:56 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

France: inculpation pour corruption dans une affaire de vente de sous-marins à la Malaisie

Un ex-patron d'une filiale du groupe français Thales a été inculpé en France, soupçonné d'avoir corrompu l'actuel Premier ministre malaisien Najib Razak, en marge de la vente de sous-marins à la Malaisie en 2002, a appris l'AFP mercredi de sources judiciaire et proches de l'enquête.

Bernard Baiocco, ex-président de Thales International Asia (Thint Asia), a été mis en examen (ndlr, inculpé) le 15 décembre pour "corruption active d'agents publics étrangers sur les personnes de Najib Razak", à l'époque ministre de la Défense, et de l'un de ses conseillers, Abdul Razak Baginda, a précisé la source judiciaire.

L'ancien patron de Thint Asia a aussi été mis en examen pour complicité d'abus de biens sociaux, a précisé la même source.

Une plainte d'une association malaisienne anticorruption Suaram avait amené la justice française à engager en 2012 une procédure judiciaire sur cette affaire. "C'est une étape importante et encourageante", a réagi l'avocat de Suaram, William Bourdon, contacté par l'AFP.

Au coeur de l'enquête, la vente en 2002, après plusieurs années de négociations, de deux sous-marins Scorpène et d'un sous-marin Agosta à la Malaisie pour près d'un milliard d'euros.

Les juges s'intéressent à des contrats de consultants passés en marge de la négociation et qu'ils soupçonnent d'avoir été utilisés pour verser des pots de vins à M. Razak, via son conseiller Abdul Razak Baginda.

L'un de ces contrats prévoyait le versement de 30 millions d'euros à Thales International Asia par la DCNI, filiale de la Direction française des constructions navales (DCN), associée à cette vente.

Or, l'enquête montre qu'une autre société, Terasasi, dont l'actionnaire principal était le conseiller du ministre malaisien de la Défense, avait touché à peu près la même somme pour des consultations sur le dossier. Les enquêteurs soupçonnent ces consultations de n'être qu'un paravent pour des pots de vin.

Pour l'avocat de M. Baiocco, la mise en examen de son client repose sur "une acrobatie juridique", car "rien ne démontre" que Najib Razak avait reçu des fonds.

Najib Razak est déjà empêtré dans un autre scandale dans son pays, après des révélations sur le versement de près de 700 millions de dollars (635 millions d'euros) sur ses comptes personnels. Le procureur général, Mohammed Apandi Ali, a affirmé mardi qu'il s'agissait d'un don de la famille royale saoudienne, démentant l'hypothèse d'une corruption.

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