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27/01/2016 16:39 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

FMI: la réforme renforçant les pays émergents fait ses premiers pas

La première phase de la réforme du FMI doublant ses ressources et renforçant le poids des pays émergents est entrée en vigueur après des années de blocage du Congrès américain, a annoncé l'institution mercredi.

Adoptée en décembre 2010 en pleine tempête financière mondiale, cette refonte portera à terme à quelque 659 milliards de dollars les ressources permanentes du Fonds (quote-parts), dans lesquelles il puise pour accorder des prêts aux pays en difficulté (Grèce, Ukraine, Jamaïque...).

Mais la réforme va également rebattre les cartes au sein du conseil d'administration du Fonds --son principal organe de direction-- qui est actuellement dominé par les puissances occidentales.

La mise en application de ces deux volets, prévue "dans les prochaines semaines", était conditionnée à une première étape entrée en vigueur mardi aux termes de laquelle les 24 membres du conseil d'administration seront désormais élus par les 188 Etats-membres, a indiqué le FMI dans un communiqué. Cinq pays, dont la France, en étaient jusque-là dispensés.

"La réforme représente une étape majeure permettant de mieux refléter le rôle croissant des pays émergents en développement dynamiques dans la gouvernance de l'institution", assure le FMI dans son communiqué.

A terme, la Chine verra ses droits de vote quasiment doubler à plus de 6% et deviendra le troisième plus grand actionnaire du FMI, derrière le Japon (6,3%) et surtout les Etats-Unis (16,5%), qui conservent un droit de veto sur certaines décisions de l'institution.

Avant la réforme, la deuxième puissance économique mondiale bénéficiait de droits de vote à peine plus importants que l'Italie dont l'économie est pourtant cinq fois plus petite.

Dans une moindre mesure, les autres puissances émergentes auront elles aussi plus de poids au sein du FMI, que ce soit l'Inde (2,3% à 2,6%) ou la Russie (2,4% à 2,6%).

Les droits de vote de la France, de la Grande-Bretagne, et de l'Allemagne ont, eux été légèrement rognés.

Cette vaste réorganisation, poussée par l'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, devait initialement prendre effet à la fin 2012 mais s'est longtemps heurtée au veto de fait du Congrès qui a fini par donner son feu vert en décembre.

Ce long contretemps a suscité une certaine frustration au sein du FMI et auprès des puissances émergentes des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui, en réponse, ont créé en juillet 2014 leurs propres fonds monétaire et banque de développement.

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