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27/01/2016 12:11 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Euthanasie: la France s'apprête à autoriser définitivement la "sédation" encadrée des malades en "fin de vie"

Le Parlement français s'apprêtait mardi soir à autoriser définitivement l'endormissement des malades en phase terminale, premier pas vers une meilleure prise en compte des souhaits des patients en fin de vie tout en évitant de rouvrir le débat sur l'euthanasie.

Dans un climat inhabituellement consensuel, les députés ont voté à la quasi-unanimité une proposition de loi autorisant le recours à une "sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour certains malades incurables qui en feraient la demande.

Un vote similaire du Sénat était attendu dans la nuit pour sceller, après un an de parcours délicat, l'adoption définitive de ce texte marquant "une avancée historique", selon la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Fruit du travail de deux députés issus l'un de la majorité de gauche, l'autre de l'opposition de droite, le texte avait déjà été adopté à une majorité écrasante de l'Assemblée nationale en mars 2015, avant d'être retoqué à la surprise générale au Sénat trois mois plus tard.

Au terme d'aller-retours entre les deux chambres, un accord sur une version commune a finalement été trouvée le 19 janvier.

La nouvelle loi répond à un engagement électoral du président socialiste François Hollande.

Avant d'entrer à l'Elysée en 2012, le chef de l'Etat avait promis une "assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Il avait défendu depuis la nécessité d'un "consensus" pour améliorer une législation en vigueur depuis 2005.

Selon un sondage réalisé l'an dernier, la possibilité de sédation jusqu'au décès lorsque le patient en décide est plébiscitée par 96% des Français.

L'euthanasie n'est officiellement légale en Europe que dans trois pays (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg), mais d'autres autorisent ou tolèrent une forme d'aide à la mort, notamment la Suisse, qui a légalisé le suicide assisté.

reb-bpi/fjb