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27/01/2016 10:04 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Egypte: prison pour cinq opposants laïcs après une "manifestation illégale"

La justice égyptienne a confirmé mercredi une peine de deux ans de prison pour cinq activistes de l'opposition laïque, condamnés pour une "manifestation illégale" organisée en souvenir de rassemblements anti-armée violemment réprimés.

Le 19 novembre 2011, des manifestations avaient été organisées près de la place Tahrir au Caire pour dénoncer la junte militaire au pouvoir depuis le soulèvement populaire de janvier-février qui avait mis fin au règne du président Hosni Moubarak. Émaillée d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, la dizaine de jours de contestation avait fait 42 morts.

Mercredi, une cour d'appel du Caire a confirmé une peine de deux ans de prison prononcée à l'encontre de cinq activistes, dont un chirurgien et un militant d'un petit parti de gauche, accusés d'avoir participé en novembre 2015 à une manifestation en souvenir de ces violences, selon un responsable du tribunal et un avocat de la défense.

En décembre, ils avaient été condamnés en première instance pour "attroupement", "blocage de route" et "manifestation sans permis", selon les mêmes sources. Ils peuvent encore faire appel du verdict devant la Cour de cassation.

L'annonce intervient alors que le pays commémore dans une quasi-indifférence le cinquième anniversaire du soulèvement populaire du 25 janvier 2011 qui entraîna la chute de l'ancien raïs.

Anas Sayyid, l'avocat d'un des condamnés, a expliqué à l'AFP que les cinq hommes avaient été arrêtés le 19 novembre 2015 "de manière arbitraire, dans un secteur où il n'y avait même pas de manifestations".

Depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013 et repris les reines du pouvoir qu'elle contrôlait depuis des décennies avant la révolte de 2011, les nouvelles autorités répriment implacablement toute opposition.

La répression, d'abord limitée aux partisans islamistes de M. Morsi, s'est rapidement élargie aux mouvements laïcs et de gauche, chefs de file de la révolte anti-Moubarak.

Pour Amnesty international, le verdict de mercredi représente "un nouvel exemple de la nature injuste et arbitraire de la justice pénale en Egypte."

L'ONG indique par ailleurs dans un communiqué qu'au moins deux des activistes ont affirmé "avoir été torturé ou maltraité durant leur interrogatoire".

Cette affaire illustre selon elle "la campagne menée sans relâche par le gouvernement pour écraser les voix indépendantes et critiques".

Par ailleurs, le procès de quatre activistes jugés pour "incitation à la grève" qui devait s'ouvrir mercredi à été reporté au 1er février, selon un responsable judiciaire.

Parmi les accusés figurent Amr Ali, le coordinateur du mouvement du 6-Avril, une organisation de jeunes militants interdite par les autorités et qui avait activement participé au soulèvement de 2011.

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