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27/01/2016 02:18 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Des centaines de salariés du groupe sidérurgique Ilva manifestent à Gênes

Plusieurs centaines de salariés du groupe sidérurgique Ilva, nationalisé provisoirement il y a un an en raison de ses difficultés financières, manifestaient mercredi à Gênes (nord-ouest) au moment où le Sénat validait le décret du gouvernement préalable à la privatisation de l'entreprise.

A l'appel d'un des syndicats de la branche métallurgie, la Fiom, quelque 600 grévistes ont bloqué toute la matinée certains des accès à la cité portuaire, provoquant embouteillages et incidents.

Au même moment, le Sénat, par 157 "oui" contre 95 "non", a validé un décret-loi du gouvernement du 5 janvier, lançant la procédure de privatisation du groupe, dont l'usine de Tarente (sud), qui emploie plus de 14.000 personnes, est accusée d'être l'une des plus polluantes d'Europe.

Les groupes intéressés, italiens ou étrangers, ont jusqu'au 10 février pour se faire connaître.

La grève avait débuté lundi à l'usine de Cornigliano, à l'ouest de Gênes, dont les salariés craignent pour son avenir et qui est partiellement occupée.

"Le gouvernement, sans le dire, est en train de couler l'+accord de programme+ (datant de 2005 et qui prévoit de privilégier les activités "à froid" de l'usine et de restituer à la collectivité plus de 300.000 m2 de terrains dans un but de dépollution et valorisation, ndlr): c'est pourquoi nous devons hausser la voix pour défendre les revenus, les postes de travail et l'usine même. Nous voulons des négociations avec le gouvernement sur la vente" du groupe, avait expliqué lundi le secrétaire local de la Fiom, Bruno Manganaro.

Par la voix de son secrétaire général Carmelo Barbagallo, le syndicat UIL, qui s'est désolidarisé du mouvement de grève, a cependant demandé mardi "un soutien fort, cohérent et unitaire" du gouvernement pour garantir le futur des usines Ilva et de tous leurs salariés.

"L'acier, la chimie et l'aluminium représentent des secteurs stratégiques qui ne doivent pas être abandonnés", a-t-il insisté.

Ilva, ancienne propriété du groupe Riva, est actuellement placé sous le régime d'"administration extraordinaire".

La semaine dernière, les administrateurs chargés de sa gestion ont réclamé 2 milliards d'euros de dommages et intérêts à la famille.

Selon cette requête, déposée devant le tribunal civil de Milan, la famille Riva aurait soustrait cette somme des comptes de l'entreprise et l'aurait cachée à l'étranger au moment même où le groupe était en "situation de crise".

lrb/ljm/pt