POLITIQUE
27/01/2016 01:03 EST | Actualisé 27/01/2017 05:12 EST

Débrayage à Montréal: des milliers de fonctionnaires privés de leur congé de maladie

Charles Contant/Radio-Canada

Même si chacun des 8000 fonctionnaires de la Ville de Montréal ne sera en grève que trois jours d'ici le 1er mars, leur employeur a décidé de leur interdire les congés de maladie payés pendant toute la durée des moyens de pression.

Un texte de François Cormier

Dans un courriel dont Radio-Canada a obtenu copie, certains employés ont appris qu'ils ne seraient pas payés s'ils s'absentaient du bureau pour maladie ou pour la maladie d'un proche pendant les 37 jours que dure leur « grève tournante ». En temps normal, les cols blancs ont le droit à l'équivalent de dix jours de congé de maladie payés par année.

Selon l'interprétation de la loi par la Ville de Montréal, les cols blancs ne sont pas en grève tournante. Ils sont plutôt en grève générale du 25 février au 1er mars 2016 alors que, dans les faits, chacun d'entre eux ne sera en grève que trois jours dans les prochaines semaines. « Selon la loi, pendant une période de grève, l'application des conditions de travail prévues à la convention collective est suspendue », explique le porte-parole de la Ville, Gonzalo Nunez, dans un courriel envoyé à Radio-Canada. « Cette position s'appuie sur les dispositions du Code du travail et sur la jurisprudence actuelle des tribunaux en la matière », écrit-il.

De plus, les congés (mobiles, vacances, personnels) sont interdits entre le 25 janvier et le 1er mars inclusivement.

Radio-Canada a sollicité une entrevue avec un représentant du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal, mais est toujours en attente d'une réponse.

Représailles contre des cols blancs sur les piquets de grève

La Ville de Montréal n'écarte pas la possibilité de prendre des mesures contre les cols blancs qui ont bloqué certains accès à l'hôtel de ville et à des édifices municipaux, lundi matin. « Cela n'est pas exclu, mais avant d'imposer des mesures disciplinaires, nous devons faire les vérifications nécessaires », indique Gonzalo Nunez.

La Ville rappelle que ses employés ont le droit de manifester, mais qu'ils ont l'obligation de laisser les accès libres.

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