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27/01/2016 06:59 EST | Actualisé 27/01/2016 07:01 EST

D-Box veut jouer un plus grand rôle à Hollywood

D-Box/Courtoisie

Après avoir introduit ses sièges dans les salles cinéma, la société québécoise Technologies D-Box (T.DBO) espère convaincre les grands studios hollywoodiens de lui réserver un rôle dans la création cinématographique.

« L’intérêt, c’est de remonter la « food chain » pour se rendre plus près des créateurs de contenu », a expliqué le vice-président Marketing de D-Box, Michel Paquette, rencontré à Los Angeles dans le cadre de la Virtual Reality Expo (VRLA) qui avait lieu le weekend dernier.

« En rétrospective, nous avons commencé par un module technologique et aujourd’hui, les gens voient une valeur dans ce que nous faisons pour « ajouter » à l’histoire », a poursuivi M. Paquette, relatant les efforts de D-Box pour remonter le courant de la chaîne de production afin de gagner la confiance des réalisateurs, des producteurs et de tous « ceux qui content l’histoire » sur le grand écran.

Avec 10 000 sièges installés dans les cinémas à travers le monde et 1400 films « encodés », l’entreprise québécoise a gagné une crédibilité qui lui permet de passer à une vitesse supérieure, croit M. Paquette.

La société de Longueuil fabrique des systèmes de mouvement, intégrés à des sièges, et activés en synchronisme avec l’action du film projeté à l’écran. Depuis 2009, D-Box a écoulé ses sièges dans plus d’une trentaine de pays. Avec ses installations à Burbank, en Californie, la compagnie québécoise « encode » une quarantaine de films par année.

« Nous avons fait le dernier Star Wars et on va faire la suite l’année prochaine. Walt Disney nous envoie des parties du film à notre bureau de Burbank, où il y a des gens qui encodent le mouvement, a relaté M. Paquette. Nous avons une crédibilité aujourd’hui. Les gens achètent nos billets parce qu’ils aiment ça. »

La société D-Box intervient à la toute fin du processus de production lorsqu’elle encode les films ou encore les jeux vidéo que lui confient les créateurs et les grands studios comme Paramount, Warner, Fox et Sony. L’entreprise dépend entièrement du contenu qui lui est transmis. Du moins jusqu’ici.

« Nous sommes tributaires du contenu, nous ne faisons pas de contenu, nous ne faisons pas de film, nous ne faisons pas de jeu », a soulevé le VP. Mais avec le développement des technologies liées à la réalité virtuelle et l’engouement populaire que cela semble susciter, la situation pourrait changer, évoque-t-il.

À terme, D-Box espère persuader les producteurs et réalisateurs d’exploiter les possibilités offertes par ses systèmes de mouvement dans le développement narratif de leurs créations. De la postproduction, D-Box aimerait passer à la production.

« D-Box pourrait être mis à contribution pour aider les réalisateurs dans le déploiement de l’histoire, suggère M. Paquette. C’est ce qu’on est en train de faire, ce qu’on n’avait jamais fait avant. »

Pour l’instant, D-Box continue de tâter le terrain, mais une expérience récente menée avec le réalisateur Rob Letterman pour un clip vidéo de deux minutes sur le thème du film Goosebumps, mettant en vedette Jack Black, a donné des résultats prometteurs pour la suite des choses, selon M. Paquette.

« Nous étions sur le plateau de tournage, nous avions notre propre éditeur, un jeune de Montréal, qui travaillait sous la direction de Letterman , a-t-il raconté. Letterman nous a dit : Wow, je n’aurais jamais pensé ajouter du mouvement (dans mes films), vous venez d’ouvrir mes horizons pour mes prochaines créations ».

Inscrite à la Bourse de Toronto, la société D-Box a accusé une perte nette de 208 000 $ pour le trimestre terminé le 30 septembre 2015. Ses revenus, à 5,02 millions $, ont néanmoins augmenté de 15% en un an.

L’entreprise emploie 85 personnes à ses installations de Longueuil et une dizaine à son antenne de Burbank.

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