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27/01/2016 05:02 EST | Actualisé 27/01/2017 00:12 EST

Allemagne: Berlin attend une croissance de 1,7% en 2016, comme en 2015

Le gouvernement allemand a légèrement abaissé mercredi sa prévision de croissance pour la première économie européenne en 2016, désormais attendue à 1,7%, un rythme de progression du Produit intérieur brut (PIB) aussi dynamique qu'en 2015.

Berlin tablait jusqu'à présent sur une croissance économique de 1,8% pour cette année. Cette révision à la marge de la prévision initiale du gouvernement ne l'empêche pas de considérer, dans un court communiqué, que "l'économie de l'Allemagne est en bonne forme".

"La situation en Allemagne est bonne et va le rester", a renchéri, lors d'une conférence de presse à Berlin, le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel. Pour cela, "nous devons davantage investir", a toutefois insisté le ministre social-démocrate qui gouverne aux côtés de la conservatrice Angela Merkel.

La prévision de croissance du gouvernement est identique à celle formulée par le Fonds monétaire international (FMI), mais un peu plus pessimiste que celle de la fédération allemande de l'industrie BDI, qui table, elle, sur une hausse de 1,9% du PIB cette année.

Sigmar Gabriel a considéré qu'au vu des conditions actuelles très favorables à un pays exportateur comme l'Allemagne, à savoir un pétrole peu cher, un euro faible, des taux d'intérêt au plus bas, un niveau de croissance de 1,7% n'était pas "extraordinaire" mais "moyennement bon".

Malgré un environnement international turbulent, l'économie allemande est restée solide en 2015, de nouveau essentiellement soutenue par la consommation intérieure et les investissements de l'Etat. Cela a confirmé un changement de paradigme pour la principale économie européenne, longtemps tirée avant tout par le succès des produits allemands à l'export.

Entre la progression des salaires bruts en 2015, "la plus forte en plus de deux décennies" et l'emploi ayant atteint un nouveau niveau record, le gouvernement voit là "la base d'une dynamique intérieure persistante en Allemagne". Le moral des consommateurs du pays reste d'ailleurs au beau fixe en ce début d'année, a confirmé le baromètre GFK mardi.

Berlin, qui met également le numérique dans ses priorités économiques, anticipe également "une impulsion supplémentaire des investissements privés dans la construction immobilière".

En revanche, les interrogations se multiplient sur les répercussions sur l'Allemagne du ralentissement économique de la Chine, un gros client des exportateurs allemands, mais aussi sur l'afflux massif de réfugiés.

Plus d'un million de demandeurs d'asile sont arrivés dans le pays en 2015. Certains économistes y voient l'opportunité d'importants investissements de l'Etat, pour les héberger et les accueillir, faisant l'effet d'un programme de relance, mais aussi de compenser le vieillissement de la population allemande. D'autres mettent en garde contre une montée du chômage, pour l'heure à 6,4%, au plus bas depuis la réunification de l'Allemagne.

Le gouvernement estime lui que le chômage ne va ni augmenter ni diminuer davantage cette année. "La forte immigration de réfugiés n'a pour le moment que peu d'effet sur le marché du travail", assure le rapport gouvernemental, qui anticipe seulement une augmentation du nombre de chômeurs d'environ 30.000.

Sigmar Gabriel a lui fait miroiter un possible "effet positif" sur l'économie allemande, à condition que tout soit mis en oeuvre d'un côté pour réguler l'arrivée de nouveaux réfugiés et d'un autre pour une "intégration rapide sur le marché du travail des réfugiés destinés à rester", via entre autres le développement de cours d'allemand et un meilleur accès à des formations professionnelles, très populaires en Allemagne.

Le gouvernement allemand, qui veut toujours faire baisser l'endettement du pays à moins de 70% du PIB pour la première fois en 2016, n'a pour l'heure communiqué aucune prévision de croissance pour 2017.

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GFK